Délicatement posé dans le cadre d’exception d’une ancienne plantation de citrus de la province australienne de la Nouvelle-Galles du Sud, le Wirra Willa Pavilion, largement inspiré par les travaux de Mies Van der Rohe, impressionne par ses lignes d’une pureté incomparable.

 

Bien qu’étant l’état le plus peuplé d’Australie, la Nouvelle-Galles du Sud affiche une densité de population qui reste inférieure à 10 habitants par km2, soit à peu près dix fois de moins qu’en France… De quoi trouver, donc, des coins de nature encore complètement préservés comme celui où le jeune architecte australien Matthew Woodward a décidé d’implanter son séduisant Wirra Willa Pavilion. Dans un cadre naturel d’une beauté à couper souffle, il nous propose une vision très « high-end » du concept de la cabane au fond du jardin. « Le choix du lieu où nous souhaitions installer le projet était un élément déterminant dans l’ensemble du processus » commence le créateur lorsqu’on lui demande de raconter l’histoire de ce pavillon hors du commun qui  instaure un dialogue constant avec son environnement.

« Je souhaitais créer une structure qui s’intègre au paysage sans être intrusive, qui permette de le découvrir tout en étant à la fois un refuge » énumère le jeune architecte qui a su faire preuve d’une grande finesse pour imaginer des lignes dont la beauté saute aux yeux mais qui, en même temps, se fondent parfaitement dans le décor. L’avancée qui surplombe l’étang de la propriété, comme l’abondance de surfaces vitrées, participent, notamment, à l’impression étonnante de légèreté que dégage cet abri de jardin pas vraiment comme les autres.

« Le but était de créer un espace multifonctionnel qui permette de profiter pleinement de la beauté de l’environnement » explique, par ailleurs, Matthew Woordward dont la création est largement modulable (on signalera notamment le lit escamotable et le spa caché à l’intérieur même du sol) afin de s’adapter au mieux aux moments de la journée comme au rythme des saisons. « La simplicité était l’essence même de la réussite de ce projet » explique par ailleurs, simplement (OK, elle est facile), Matthew Woodward au moment de commenter les lignes orthogonales d’une immense pureté du Wirra Willa Pavilion. « Deux rectangles qui se rejoignent » sourit le diplômé de l’université australienne de Newcastle comme pour souligner à quel point l’architecture peut, selon lui, se passer de formes improbables et alambiquées… Le caractère minimaliste s’exprime aussi dans le choix des matériaux qui se résument essentiellement au bois, à l’acier et au béton, dont le mariage raffiné se révèle des plus élégants.

« C’est un endroit un peu spécial où l’on peut s’échapper pour retrouver la paix et la solitude » conclut Matthew Woodward… Si vous avez quelques livres à lire en retard, une ou deux bonnes bouteilles de vin (voire plus) et la possibilité matérielle d’échapper au rythme effréné de nos sociétés productivistes : vous venez de trouver votre eldorado.