L’affirmation d’une identité.

L’architecte tropézien Vincent Coste nous dévoile ses derniers opus contemporains. Des architectures toujours plus visionnaires, des créations audacieuses, des textures inédites… Zoom sur ses dernières réalisations.


Avant d’ouvrir son propre studio d’architecture à Saint-Tropez en 2000, Vincent Coste 44 ans, dont nous avons déjà présenté certains travaux dans de précédents numéros, a fait ses armes à Chicago, Venise, Barcelone… Et a même collaboré avec le Néerlandais Rem Koolhaas. Des expériences riches et des bases solides qui l’ont aidé à forger son propre style. Vincent Coste impose sa propre vision de l’architecture méditerranéenne, ponctuée de lignes horizontales et épurées, de perspectives dynamiques, de cadrages de vues, de « peaux » entourant les maisons, de matériaux innovants, de jeux entre le dedans et le dehors, de libertés visuelles… Mais pas seulement. Son travail ne se réduit pas à la construction de maisons haut de gamme dans le Sud et en Corse. Il imagine aussi des concepts uniques de boutiques, des restaurants, du mobilier… Et il exporte également ses talents à l’étranger, à Dubaï notamment où il planche actuellement sur l’aménagement d’un restaurant français.

Vous livrez cet été un restaurant japonais (teppanyaki food), le Koï à Aix-en-Provence, particulièrement surprenant… Quel est le fil conducteur de ce projet ?
Vincent Coste : L’idée était de sortir de la lecture classique du restaurant japonais en essayant de travailler sur une image plus contemporaine. Le tatouage qui met en avant la carpe koï, un poisson avec une forte symbolique au Japon, en est le fil conducteur, avec un espace d’accueil ouvert sur la vue et tatoué du sol aux murs. À l’intérieur, nous avons repris cette idée, avec un traitement des murs montrant des formes d’écailles mates et brillantes, le tatouage qui revient sur certaines parties du projet… Une grande table d’hôtes en béton a notamment été pensée pour partager les mets. Nous avons aussi créé différents niveaux et joué avec ces hauteurs. Avec des matériaux qui fonctionnent en deux dimensions. Tout est blanc et gris, avec quelques touches de rouge vif que l’on retrouve sur les chaises Koï, produites spécialement pour le lieu.

Vous pensez également le mobilier dans vos projets ?
Nous dessinons du mobilier exclusif pour chacun de nos projets. Pour la maison A3 à Ollioules livrée l’été dernier, nous avons par exemple conçu la Bibliothèque A : une étagère en tôle perforée, un assemblage de caissons modulaires fermés d’un côté ou de l’autre, ce qui permet de créer un moirage visuellement.

Quelles sont les particularités de la maison A3 ?
Le plan de cette villa est en triangle. Elle a une double vue : elle s’ouvre sur la baie de Sanary et celle de Toulon. L’idée était d’orienter chaque espace sur les deux panoramas, d’où son plan en triangle qui permettait de développer une plus grande façade de 35 mètres de long.

L’été dernier, vous avez également achevé la villa L2 à Saint-Tropez. En quoi consistait ce projet ?
La maison L2 est le fruit d’une réflexion sur l’enveloppe et la façon de développer des espaces extérieurs qui changent la perception des volumes d’une structure existante. Dans ce cas, un belvédère constitué d’une structure métallique habillée de bois fonctionne comme une circulation aérienne sur l’ensemble du périmètre de la maison. Ce déambulatoire permet de reconstituer une façade horizontale dans le paysage redonnant ainsi une forte identité à cette maison banale des années 1970. L’organisation de la maison et les axes de circulation ont été entièrement repensés afin de proposer des échappées visuelles sur le paysage ainsi que sur la piscine qui s’inscrit dans une définition très précise du prolongement du socle de la maison. La conjugaison de cette réhabilitation et de l’élément fort de la pergola permet d’offrir des espaces généreux en double hauteur à l’extérieur ainsi que des zones de vies abritées du soleil.

Autre construction récente : la maison H3 à Saint-Tropez. Comment s’articule-t-elle ?
Nous avons placé tous les espaces de vie à l’étage pour se dégager du niveau de la rue en captant les espaces environnants. La présence d’un large patio sur l’ensemble des pièces intimes du rez-de-chaussée offre des perspectives depuis chaque pièce de ce niveau vers l’étage supérieur dont les espaces sont fédérés par une piscine toute en longueur. La façade de ce volume en porte-à-faux est habillée de plaquettes de terre cuite spécialement mises au point pour l’occasion. En créant une texture d’ombres portées sur toute la maison, ces éléments de façade originaux se mêlent aux ombres portées des pergolas amovibles.

Quel domaine encore inexploré souhaiteriez-vous investir ?
Aujourd’hui, nous réalisons beaucoup d’architectures résidentielles, et nous aimerions œuvrer dans l’hostellerie. Car l’ensemble de nos maisons prend vraiment en compte le confort intime, la chambre, la salle de bains… Tous nos projets sont très pointus sur ce sujet, avec une attention particulière sur le design même de la chambre qui se veut à la fois originale, pratique et très adaptée au lieu dans lequel elle se trouve. C’est très symptomatique de notre travail et nous sommes force de proposition dans ce domaine.

www.vincentcoste.com

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