Et pour quelques dollars de plus…

Entièrement rénovée par l’agence américaine Briggs Edward Solomon, une demeure des années 30 fait peau neuve pour retrouver sa jeunesse : la Villa Miami Beach, une maison entre plusieurs courants, qui coule de source…

À l’époque, le quartier de South of Fifth ne valait pas grand chose. Haut lieu de la petite criminalité de Miami Beach, qui venait alors d’être rattachée au comté de Miami-Dade (dans l’état de Floride), le SoFi, comme on l’appelle ici, faisait fuir les investisseurs. Pourtant quelques têtes brûlées, plus visionnaires que d’autres sans doute, se penchèrent sur son cas… Et il n’en fallut que quelques-uns pour allumer la flamme de cette partie de la ville qui allait, en quelques décennies, devenir l’un des quartiers les plus privilégiés de la côte est des États-Unis.

C’est ici, quelques années avant cet embrasement, que le restaurateur américain Shareef Malnik décide d’investir dans l’immobilier. Et ce sera dans le SoFi. La demeure, une vieille bâtisse des années 30, laissée un peu à l’abandon, est alors achetée pour une poignée de dollars (autour d’un million, nous susurre-t-on). Après quelques mois de travaux, entièrement réhabilitée, la vieille demoiselle allait retrouver son éclat d’antan dans une version mise à jour de son élégance passée.

Puis viendra le moment de pousser la coquetterie un peu plus loin. Ce sera, cette fois, sous la responsabilité de l’agence d’architecture américaine Briggs Edward Solomon qui transcendera le genre pour propulser la Villa Miami Beach dans une sphère au luxe frais et aérien. Coffrée de panneaux de bois blanc, conçus sur mesure par l’agence Oscar Ono, la maison est alors parée de courbes et formes végétales qui ne sont pas sans rappeler le style d’origine de l’époque – entre Art Déco et Art Nouveau –  de sa prime construction. Pourtant, c’est bien au monde moderne que l’architecte fait référence, nettoyant le projet de tous les agrégats d’un style passé pour l’ancrer dans une époque qui célèbre plus lestement le « minimal ». Sans vouloir pour autant faire de la Villa Miami Beach un repère de l’épure, l’architecte conçoit ici un domaine de textures.

Tout en s’attachant à sa gamme de tons opalins, l’entrepreneur multiplie les effets, utilisant la profusion des matériaux pour marquer visuellement son espace. Ainsi bois des murs, tissus épais des rideaux ou canapés, mais aussi pailles des assises des chaises jusqu’aux quartz des salles de bains, frappent de leurs grains les volumes, pour offrir un décor aussi simple que généreux.

Assise entre ses origines, les influences du style « bord de mer chic » et le monde architectural de la maison contemporaine, la Villa Miami Beach semble aujourd’hui chargée de tous les atouts pour prolonger ses charmes. Des charmes dont le coût avoué des travaux (plusieurs millions de dollars, dit-on, pour une rénovation de presque un an) pourrait certes en faire pâlir certains… tandis que d’autres n’y verront là qu’un très bel investissement qui aujourd’hui a fait multiplier par quatorze, le prix de vente de la Miami Beach.

 

www.oscarono.fr

www.briggsedwardsolomon.com

 

A propos de l'auteur

Fabienne Dupuis
Journaliste
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Membre de l’équipe d’Artravel depuis ses tous débuts, Fabienne est journaliste spécialisée dans les domaines du voyage, design, architecture et art de vivre. Passant le plus clair de son temps à parcourir le monde, Fabienne apprécie tout autant les aventures sur de longues routes poussiéreuses que le confort raffiné de quelques adresses confidentielles. Ses armes ? La littérature européenne du XIXème siècle, des écrits sur l’art et les voyages ou encore quelques publications géopolitique… mais surtout une inlassable curiosité qui lui permet de renouveler ses sources d’inspiration. Après dix années passées à Londres, Fabienne vit aujourd’hui à Paris. Fabienne Dupuis contribue entre autres aussi aux pages du news magazine en ligne de langue anglaise, YourMiddleEast.com.