Les nouveaux romantiques

Entre retraite bucolique et construction basse consommation, la résidence Seascape, dessinée par l’agence néo-zélandaise Pattersons, offre tous les atouts d’une maisonnette belle à vivre.

 

« Lorsque l’on se lance dans un projet inscrit dans un environnement si beau, il est important de comprendre que les hommes, tout comme nos constructions, sont des éléments naturels de la planète ; au même titre que les pierres et les arbres, nous sommes aussi les enfants de la terre et c’est de cela que peuvent naître la responsabilité et le respect. »

C’est en ces termes qu’Andrew Patterson, fondateur de l’agence d’architecture Pattersons Associates Architects, décrit l’un de ses derniers projets, la résidence Seascape. Un propos qui, loin de s’appliquer à cette seule réalisation, s’accorde pleinement avec l’essence même de cette agence créée en 1986, et qui proclame depuis ses valeurs de rigueur et son inébranlable respect pour l’environnement, à l’heure même où les canons de l’architecture s’en préoccupaient encore bien peu. Nouvelle-Zélande oblige sans doute.

Mais qu’importe donc les modes, et à Patterson et à ses associés de claironner, depuis près de trente années, leur ritournelle œcuménique, au travers de réalisations naturellement humaines.

En bonne élève, la résidence Seascape ne fait bien entendu pas exception à la règle, élevant même l’exercice au rang d’art. Inscrite sur les côtes de la Péninsule de Banks, ancien volcan situé au sud-est de la grande île d’Océanie, la Seascape est une petite habitation, composée seulement de trois pièces (une entrée, un salon/chambre et une salle de bains), destinée à l’usage de jeunes mariés en lune de miel. Fourrée au cœur d’une vallée, postée au pied de l’océan Pacifique, la maison a été entièrement conçue pour offrir une double vue sur les points d’attractions de ce paysage divinement désolé : le volcan bien sûr, mais aussi cette flèche de pierres que l’on appelle ici « the Comb ».

Pour ce faire, les architectes ont habillé leur refuge de larges baies vitrées (basse émissivité), sur la façade ouest, tandis que les flancs sud, nord et est ont eux été parés de pierres extraites localement, ajoutant ainsi au processus, l’intégration du bâti dans son environnement naturel. Ne restait plus qu’au toit et à sa couche végétale de parfaire la scène d’assimilation environnementale.

Posée sur une chape de béton, la maison est fermement enclavée dans son environnement pour parer aux secousses éventuelles et la protéger alors des débris potentiels ; à l’image de ce « Comb » justement, anciennement arche, qui s’effondra durant le tremblement de terre de 2011. Les parties vitrées ont quant à elles été dotées de meneaux de métal incassables qui concourent à solidifier l’habitation.

Si la nature, parfois rageuse, exige des structures qu’elles puissent répondre au pire, elle offre aussi à l’homme les ressources nécessaires à sa pérennité. Ainsi la Seascape absorbe et traite les eaux dans son grand récupérateur pour autonomiser la consommation de ses habitants. Projet complet, son élaboration fut aussi l’occasion de soigner, et même « re-planter », une végétation parfois abîmée par les frasques des intempéries. « Pour moi l’écologie d’un espace, de l’ordre du quantifiable, et sa poésie, par essence impalpable, sont fondamentalement la même chose », précise Andrew Patterson. Une façon simple et efficace de résumer tout un art.

 

www.pattersons.com

A propos de l'auteur

Fabienne Dupuis
Journaliste
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Membre de l’équipe d’Artravel depuis ses tous débuts, Fabienne est journaliste spécialisée dans les domaines du voyage, design, architecture et art de vivre. Passant le plus clair de son temps à parcourir le monde, Fabienne apprécie tout autant les aventures sur de longues routes poussiéreuses que le confort raffiné de quelques adresses confidentielles. Ses armes ? La littérature européenne du XIXème siècle, des écrits sur l’art et les voyages ou encore quelques publications géopolitique… mais surtout une inlassable curiosité qui lui permet de renouveler ses sources d’inspiration. Après dix années passées à Londres, Fabienne vit aujourd’hui à Paris. Fabienne Dupuis contribue entre autres aussi aux pages du news magazine en ligne de langue anglaise, YourMiddleEast.com.