Reine du chic

Dans le petit monde de la décoration, Sarah Lavoine – la femme de Marc – fait sensation avec son style affirmé. Si mobilier maison, couleurs fortes, miroirs et rayures constituent, entre autres, sa signature, l’architecte d’intérieur et designer invente des décors uniques pour chacun de ses projets chaleureux et lumineux. Et continue de développer ses boutiques qui portent son nom et révèlent son univers lifestyle, très élégant et parisien. Rencontre avec une esthète passionnée et dynamique !

Après avoir étudié le théâtre, la philosophie et la psychologie, vous vous lancez dans la décoration… Pourquoi un tel changement ?

Sarah Lavoine : Ma mère (ndlr : Sabine Marchal, décoratrice) m’a donné son virus ! Quand je suis rentrée de New York où j’étais partie faire des études de théâtre après mon bac, j’ai poursuivi dans les domaines de la philosophie et de la psychologie. Mais un jour, alors que je n’avais que 23 ans, j’ai appelé ma mère pour lui dire : « Je veux travailler avec toi ! » C’était une bonne école. J’ai tout appris avec elle, puis ensuite avec l’architecte d’intérieur François Schmidt, avec lequel j’ai travaillé pendant deux ans, qui œuvrait davantage dans l’esthétique contemporaine. Puis j’ai ouvert mon agence en 2002. Nos champs d’action sont variés : design de produits, boutiques, architecture intérieure…

 

D’autres rencontres ont-elle été déterminantes dans votre carrière ?

Sarah Lavoine : Pas une personne en particulier, mais plutôt des rencontres de vie. Et surtout j’ai beaucoup voyagé avec mon père (ndlr : Jean Stanislas Poniatowski) et j’ai eu la chance de découvrir de beaux endroits, d’aimer ça et de pouvoir m’imprégner de tous ces lieux…

 

Les voyages demeurent-ils votre principale source d’inspiration ?

Sarah Lavoine : Oui, je pense ! Je me nourris des couleurs et des matières que l’on retrouve dans la beauté du monde. Je suis aussi très curieuse, je ne parle pas beaucoup, j’observe les gens dans la rue, les expos, j’aime beaucoup la photo, l’art contemporain…

 

Quels artistes et photographes affectionnez-vous ?

Sarah Lavoine : J’adore Anish Kapoor, Louise Bourgeois, Alex Prager, Fabrice Hyber… Et beaucoup d’autres !

 

Vous êtes vous-même collectionneuse ?

Sarah Lavoine : Oui. J’achète pas mal de photos notamment…

 

L’art occupe-t-il une place prépondérante dans vos projets ?

Sarah Lavoine : Pour les projets privés, c’est plus compliqué, car cela dépend de la sensibilité du client. Mais quand il a une vraie sensibilité artistique, c’est un vrai cadeau ! Je trouve par ailleurs qu’une maison qui n’a rien sur les murs est une maison sans âme… Si les grands artistes sont devenus presque intouchables, on peut vraiment trouver des jeunes artistes, ou des choses qu’on aime ou même mettre des dessins d’enfants sur les murs !

 

Quels éléments constituent la base de vos projets ?

Sarah Lavoine : Le respect du lieu et de la lumière. La lumière surtout est très importante. J’aime refaire les volumes, repenser les matériaux…

Et côté style ?

Sarah Lavoine : Même si on vient me chercher pour mon style, je n’impose rien. Je m’adapte à la clientèle, tout en gardant mon âme. Je n’ai pas un ego démesuré. Je ne fais pas de la déco pour les photos ! Je souhaite que ce soit beau et que les gens se sentent bien chez eux.

Je réalise du contemporain chaleureux. Je ne suis pas dans la tendance. J’aime l’élégance et le raffinement, mais dans la discrétion, le mélange des styles et des époques, les matériaux nobles et naturels, les vieux carreaux de ciment, les vieux parquets, mettre en avant les savoir-faire français… Les miroirs, que j’affectionne pour les jeux de lumière et les reflets, sont également présents dans mon travail. C’est outil fabuleux pour agrandir les pièces !

J’adore les couleurs aussi. Je m’amuse beaucoup avec ! J’avais créé une collection de peinture que je faisais moi-même, et, en octobre, je vais sortir 36 nouvelles teintes avec Ressource.

 

Dont votre fameux bleu…

Sarah Lavoine : Oui, le bleu Sarah comme ils l’appellent, et qui est vraiment mon identité. Ce bleu m’apaise et il change selon la lumière. Je lui trouve une profondeur dans l’intensité. Je l’utilise depuis quelques années déjà et je ne m’en lasse pas. Il est toujours là dans mes projets, même si ce n’est que par touches parfois.

J’utilise aussi comme base le blanc et le noir. Le noir est magique. Il dissimule ce qu’il y a à cacher et il souligne l’essentiel.

 

Comment votre nom est-il devenu une véritable marque ?

Sarah Lavoine : Petit à petit… Je dessinais beaucoup de mobilier pour mes chantiers et j’ai voulu vendre mes réalisations au public. J’ai ouvert ma première boutique à Paris, puis une deuxième… Maintenant, j’ai une trentaine de revendeurs en France. Je suis à New York et en Australie. D’ailleurs, j’aimerais développer les boutiques, et mes produits à l’international. Enfin, je dessine également pour les autres (La Redoute, Bernardaud, etc.).

 

Sur quels projets planchez-vous actuellement ?

Sarah Lavoine : Sur une collection de papier-peint pour une grande maison, un parfum avec les Ateliers Cologne, sur le développement de textiles…  Nous essayons aussi d’aller plus loin dans notre univers lifestyle en imaginant des accessoires féminins et bientôt de la mode.

Vous lancez votre propre collection de vêtements ?

Sarah Lavoine : Oui. Des modèles intemporels et qui ressemblent à la femme active que je suis et qui court partout. Il s’agira de bons basiques, de belles matières.

 

Vous venez d’achever la réalisation du restaurant Victoria-1836, place de l’Étoile à Paris, quels sont vos autres projets d’envergure en matière d’architecture intérieure ?

Sarah Lavoine : Je suis en train de faire un hôtel 5* de 37 chambres avec spa, rue Saint-Roch, pour le groupe Bagatelle qui sera livré au printemps 2016. Son esprit sera axé sur le chic parisien, assez secret… Je travaille aussi sur un boutique-hôtel en Martinique qui devrait ouvrir en 2017. Sans oublier le concours que j’ai gagné : 40 000 m2 de bureaux à Levallois-Perret pour la branche luxe de L’Oréal !

 

www.sarahlavoine.com