Conversation Intime

Nichée dans les dunes sur la côte belge, la résidence Zeelied est un projet rare que l’architecte Olivier Dwek a dompté, puis magnifié. Une réalisation exclusive vue mer, cadrée sur une nature bouleversante et sauvage.

L’architecte belge Olivier Dwek, dont nous apprécions particulièrement le travail, a livré l’an dernier la résidence Zeelied, située sur le littoral belge dans un environnement tout à fait exceptionnel : les dunes et la mer… Construire une « beach house » n’est pas chose aisée de nos jours, mais cette station balnéaire, proche de la frontière française, autorise encore ce privilège. En donnant à Olivier Dwek la possibilité de s’exprimer sur ce sujet, le maître d’ouvrage a offert un précieux cadeau au créateur belge, maître d’une architecture ultra contemporaine, profondément respectueuse des paysages qui l’entourent… Olivier Dwek devait édifier une résidence luxueuse constituée de trois appartements. Pour répondre à la demande, il a dessiné un bâtiment assez monolithique, qui, au premier regard, imite davantage une villa – les segments entre chaque habitation demeurant presque imperceptibles à l’œil nu… Afin de renforcer l’intégration du bâti dans son site, de réduire son impact visuel et de valoriser cette nature si belle, il a recouvert les façades avec une pierre grise assez pure et légèrement bleutée se confondant presque avec le gris du ciel, une tonalité récurrente dans ce petit coin du Nord de l’Europe… Un jeu de volumes cubistes subtilement décalés permet également d’intimiser les espaces extérieurs des appartements d’environ 200 m2 chacun et tous différents. En collaboration avec Obumex pour l’architecture d’intérieur, Olivier Dwek a entièrement imaginé l’appartement du premier étage, avec trois chambres, pour un couple de collectionneurs : de l’agencement des espaces, au choix des matériaux, à celui du prestigieux mobilier ou de l’art. Après discussion avec son client, il a opté pour des tableaux abstraits de l’artiste allemand Günther Förg qui pourraient presque évoquer la mer voisine et son horizon… Passionné par les arts décoratifs, par le mobilier moderniste des grands architectes du XXe siècle, Olivier Dwek a par ailleurs sélec- tionné pour les intérieurs quelques pièces somptueuses : canapé de Vladimir Kagan, table basse d’Ado Chale, chaises de Pierre Jeanneret, tabourets de Charlotte Perriand, etc. Dans la salle à manger où s’invite une cuisine en Calacatta – pierre italienne blanche veinée –, laiton et mélèze, une table de Rick Owens accueille une céramique contemporaine de Takuro Kuwata, le tout étant éclairé par de superbes suspensions de Alvar Aalto.

Le mélèze brossé et sablé est l’un des matériaux importants du projet. Il habille la cheminée, certaines parois de la cuisine, de la salle de bains, de la master bedroom. « J’avais la volonté de créer un dialogue direct avec les éléments de nature immédiats: les dunes », justifie-t-il. Si la pièce de vie est en parquet massif pour réchauffer l’atmosphère, le sol de la terrasse, lui, est en pierre, une pierre autrichienne légèrement différente de celle de la façade, plus brute et plus vivante… Afin d’effacer les frontières entre le dedans et le dehors, une boîte de verre sur toute la hauteur et donnant sur la terrasse a été conçue. Pour jouir au maximum des extérieurs, la terrasse est protégée par une « casquette » en pierre en porte-à-faux, dissimulant un système de chauffage, dont l’extrémité s’aligne sur le garde-corps. « Deux horizontalités très fortes qui cadrent la nature. » En quête permanente de simplicité et de pureté, Olivier Dwek a ici instauré un tête-à-tête intime, éblouissant, entre architecture et paysage. De la Belgique à la Grèce, en passant par d’autres contrées, il affirme, au fil de ses projets, cette élégante signature inhérente à sa philosophie, ancrée dans son ADN.

www.olivierdwek.com


   Retrouvez l’article dans notre Artravel n°81 – Into The Wild


Disponible sur notre boutique – 10 € (frais de port compris)

Partager