Nature et découvertes

Patrick Jouin et Sanjit Manku dotent le restaurant du Plaza Athénée de nouveaux atours oniriques et organiques, comme un écrin symbolique et idéal au concept de naturalité cher à Alain Ducasse.

Fort de la confiance du chef qui leur a donné carte blanche, Patrick Jouin et Sanjit Manku ont fait le choix d’une esthétique radicale, minimale mais grandiose, pour réinventer le restaurant triplement étoilé de l’établissement, avenue Montaigne. S’appuyant, comme souvent, sur le savoir-faire reconnu d’une armada d’artisans d’exception, ils ont imaginé un lieu hors du temps et des canons habituels des grandes institutions gastronomiques, qui serait à la fois respectueux des ors des Palaces, mais résolument tournés vers le futur. Il faut dire qu’Alain Ducasse a mis à profit les onze mois de fermeture de son restaurant pour repenser totalement la carte de son restaurant, et célébrer sous le terme de « Naturalité », une cuisine locavore, naturelle, raisonnée et durable qui fait la part belle aux produits issus de l’agriculture biologique et préfère les poissons à la viande qui disparaît quasiment des menus. Une révolution qui se traduit aussi dans la décoration résolument organique d’une salle très théâtralisée, entre simplicité, raffinement, authenticité et élégance. Pièces emblématiques de ce nouveau dispositif, de monumentales coques en inox poli servent ici de cocon protecteur et rassurant, à la manière de cloches de service géantes, et reflètent les pampilles des lustres majestueux comme autant de vestiges de l’ancienne salle. De la même manière, une alcôve recouverte de lames de bois cintrées de chêne brut rappelle la coque des bateaux de pêcheurs, et reprend en clin d’œil dans le staff, l’empreinte des anciens paravents du restaurant avec ses légumes brodés. Pour augmenter l’intimité du lieu, Patrick Jouin et Sanjit Manku ont aussi imaginé quatre paravents, lumineux et intrigants qui abritent les tables dressées sans nappe et les fauteuils Poliform dessinés pour un confort d’assise optimal et dont le piètement en forme de patin glisse sans aucun bruit sur le sol. Réalisés par l’entreprise Rinck à partir du tissu en métal tissé que Jouin avait utilisé pour les rideaux du restaurant lors de sa première intervention il y a dix ans, et d’une feuille d’inox poli, ils créent un effet miroir qui agrandit l’espace. Un jeu de transparence que l’on retrouve au fond de la salle, avec un cabinet de curiosités caché derrière un miroir sans tain, qui illustre, par l’objet, la savante histoire des arts de la table, mêlant des pièces uniques issues de la collection personnelle du chef et des plus grandes manufactures françaises comme Christofle ou Saint-Louis.

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