On avait déjà entendu parler d’eux avec la Zero House, ce préfabriqué intriguant qui empilait deux étages en croix et pouvait loger confortablement jusqu’à quatre personnes adultes. Le concept n’était pas tout à fait nouveau, mais c’est plutôt la forme – les deux parallélépipédiques en croix – qui avait sérieusement séduit les professionnels et autres amateurs. Avec la Zero et quelques autres projets, le cabinet Sepcht Harpmam est devenu rapidement l’une des agences les plus en vogue du moment. Par vogue, il ne faut pas comprendre mode qui passerait aussi vite qu’une saison mais plutôt, porteur d’intérêt, au potentiel tout bonnement énorme…

Un intérêt qui prend aujourd’hui la forme de la New Canaan House. Une maison de années cinquante qui a subi quelques travaux dans les années 60 puis 70 et sur laquelle Specht Harpman s’est penché pour lui redonner structure et peut-être nouvelle vie ? Nichée en haut d’une petite élévation à la végétation luxuriante, l’habitation semble aujourd’hui surélevée, comme flottant dans les airs, une partie intégrante à la beauté naturelle qui l’entoure. Comment donc réussir à intégrer une architecture si fortement moderne à un espace aussi vert ? La question se pose d’emblée de jeu, comme si un tour de passe-passe s’était déroulé sous nos yeux sans même que nous ne puissions en voir les ficelles.

Quelques détails pourtant ne trompent pas. Et c’est par l’utilisation du verre, que l’agence Specht Harpman a faite, que les premiers éléments de réponse arrivent. Un verre qui se répand comme lave sur toute la surface de l’habitation et qui ouvre autant que possible tout l’espace de vie sur la nature. Ainsi donc chaque pièce offre t-elle sa vue directe sur l’extérieur, ne laissant au final que peu d’espace fermé sur lui-même. Pourtant la maison New Canaan ne donne en aucun cas l’impression d’une demeure sans âme, légère, dans laquelle le vent s’infiltrerait à loisir. Et c’est sa forme en « U » qui semble offrir à la résidence son instinct de protection, comme un enclos protégé de cet environnement un peu monstre, qui jailli de toute part.

Car la New Canaan est bien avant tout une habitation, une maison pour une famille qui aurait décidé de son immersion dans une forêt du Connecticut et pour laquelle, la création d’un berceau familial est tout aussi importante que celle de l’intégration dans la nature de leur nouvelle demeure. Le rez-de-chaussée de la maison a ainsi été investi pour répondre aux préoccupations familiales, y créer le lien nécessaire à une vie à plusieurs. Specht Harpman y a fait là des zones de confort, moins exposées à l’environnement, un étage cosy dont le sol est ancré dans celui de son terrain naturel. Dans cet espace flanqué d’une bibliothèque, d’une salle Home Cinéma et de deux bureaux, les flux de circulation se font sur un terre-plein de béton fortement délimité. Comme la main de l’homme qui arrêterait de son mortier le pas inéluctable de la verdure, la New Canaan s’impose au sol par des murs larges et rassurants qui l’inscrivent sans préambule dans son contexte et, par là même, fait la roue de la symbiose homme/nature, parfaite.

 

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