Créé en 2007, le studio de design des Américains Steve Mongillo et Eric Walter revendique un régionalisme architectural fort. Entre tradition et modernité, portrait de jeunes architectes des années crise.

 

Si certains sont repartis de plus belle, d’autres ne sont pas sortis tout à fait indemnes de cette crise qui s’empara du monde en 2008. Pour l’agence d’architecture mw I works, ce fut certes le cas. Steve Mongillo et Eric Walter sont alors de jeunes architectes qui, depuis la remise de leur diplôme quelques années plus tôt, apprennent leur métier dans des agences de belles renommées. Il leur faudra sans doute un peu de courage pour se lancer dans l’aventure, mais c’est pourtant à cette même époque que les deux hommes décident de joindre leurs forces pour créer ce qui allait devenir mw I works, un studio de design collaboratif. De leurs propres aveux donc, cette époque-là, comme un fer rouge, a laissé une empreinte indélébile sur leur approche de l’architecture. De ce point de vue seul, les deux camarades apprennent alors à traiter tous les budgets, les grands mais surtout les petits, qui sont alors légion… L’urgence de la situation l’exige, le pragmatisme le commande. Mongillo et Walter se lancent dans un espace-temps nouveau, confirmant au passage que [leur] « philosophie d’entreprise a été entièrement formée par les challenges de cette récession ». Loin pourtant d’économiser sa créativité, son inventivité, mw I works s’inspire de ce nouveau modèle de société pour développer ses idées dans l’univers contraint de budgets plus réduits. En substance, c’est le challenge financier même qui pousse Mongillo et Walter à développer leur design.

 

On aurait pu alors penser que la situation devenue plus confortable, les choses reprendraient leur cours naturel… mais c’eut été minimiser justement l’impact de la tourmente financière. Insidieusement entrée partout, affichant avec friponnerie ses excès, elle a laissé derrière elle ce qu’elle avait mis tant de peine à ignorer durant de longues années : l’honnêteté, la transparence et d’une certaine façon, la rigueur. Comment ces traits se traduisent-ils donc dans le monde exclusif de l’architecture ? Sans doute au travers du regard que portent les femmes et les hommes chargés de la mission tellement sérieuse de la syntaxe de la construction. Et à ce jeu, Mongillo et Walter ne sont pas dénués de réponses. Eux, comme une poignée d’autres, portent les stigmates de cette architecture responsable qui prend en compte, les vues, les vents, les dénivelés et les orientations solaires pour maximiser les attraits de leurs réalisations et les lier à leurs contextes environnementaux.

Épurés, écologiques, les projets répondent ainsi tout autant à la question de l’environnement qu’à celle de l’homme dans cet espace qui lui reste à rendre habitable pour sa survie. Car, comme le soulignent Mongillo et Walter, si « l’architecture peut surprendre et enthousiasmer, [elle peut aussi], parfois, même créer un véritable sens de calme poétique et un lien très fort avec le monde naturel qui l’entoure ».

www.mwworks.com


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A propos de l'auteur

Fabienne Dupuis
Journaliste
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Membre de l’équipe d’Artravel depuis ses tous débuts, Fabienne est journaliste spécialisée dans les domaines du voyage, design, architecture et art de vivre. Passant le plus clair de son temps à parcourir le monde, Fabienne apprécie tout autant les aventures sur de longues routes poussiéreuses que le confort raffiné de quelques adresses confidentielles. Ses armes ? La littérature européenne du XIXème siècle, des écrits sur l’art et les voyages ou encore quelques publications géopolitique… mais surtout une inlassable curiosité qui lui permet de renouveler ses sources d’inspiration. Après dix années passées à Londres, Fabienne vit aujourd’hui à Paris. Fabienne Dupuis contribue entre autres aussi aux pages du news magazine en ligne de langue anglaise, YourMiddleEast.com.