Fantaisie architecturale

Discrète, l’agence anglaise Michaelis Boyd a doucement bâti sa réputation sur l’exigence de son travail. Entre rénovation et environnement, découverte d’une agence pas seulement dans le vent…

Le nom est encore peut-être inconnu de ce côté-ci de la Manche ; pourtant l’agence londonienne Michaelis Boyd a déjà marqué de son style quelques immeubles devenus depuis iconiques. À Londres d’abord, où l’équipe a été choisie pour imaginer les nouveaux appartements de luxe qui vont s’installer dans la vieille centrale électrique de Battersea, au sud de la capitale anglaise. Un travail qui annonce une véritable maîtrise, tant de l’ancien que de la modernité… mais aussi de la surprise. Et c’est sans aucun doute sur le premier point que Alex Michaelis et Tim Boyd ont construit leur réputation. Une réputation de « rénovateurs » qui savent trouver l’équilibre juste pour redonner souffle aux bâtiments anciens. Campagne-moderne ou rétro-urbain, qu’importe le qualificatif, les effets sont bien là. Comme pour l’hôtel Soho House de Berlin, cette ancienne usine devenue grand magasin et aujourd’hui l’un des hôtels les plus en vue de la capitale allemande. Ici, comme dans les autres opus, on retrouve un choix de matériaux sélectionnés avec attention et discernement. Du brut – le béton, le verre, les bois recyclés – mais aussi du beau, de l’ancien délicieusement restauré comme les parquets en point de Hongrie ou tout bonnement ajouté, comme les velours épais des canapés ou les tapisseries fleuries des fauteuils crapauds qui jouxtent quelques éléments plus modernes. Cette patte de « rénovation », où l’ancien est rajeuni mais aussi magnifié par l’intervention d’un mobilier en rupture de style, est incontestablement la force de l’agence qui offre à ses clients des projets qui donnent l’impression d’apprivoiser toutes les époques en même temps.

Du Groucho Club à la Babington House, de la maison à Oxfordshire à celle du Gloucestershire ou celle de Elm Park Road, Michaelis et Boyd surfent ainsi sur le choix d’un compromis, qui, s’il n’est pas toujours équilibré, œuvre dans le sens d’un désordre chic et bohème parfaitement maîtrisé.

Mais un autre élément concourt à affirmer la réputation de l’agence, qui, depuis sa date de création en 1995, est restée fidèle à ce qui paraissait alors, sans doute, une fantaisie architecturale. Ce choix, c’est celui de l’écologie, qui dans les faits passent par le recyclage, mais aussi la durabilité. Un choix qui a fait tonner les tambours, de Londres encore, lorsque le Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, décide d’enrôler Boyd et Michaelis pour la rénovation de sa maison de Notting Hill. Et à la vieille éolienne qui trône dignement sur le toit de la maison du Premier ministre anglais, de tourner au gré des vents pour fournir presque toutes les énergies nécessaires à l’habitation. Devenu tacitement depuis lors un véritable symbole qui colle au profil de l’agence, il n’en reste pas moins un élément fondamental de ce qui constitue l’esprit même de Michaelis et Boyd. Une vision complète de l’architecture, couplée avec une approche transversale de l’histoire mais aussi de l’habitation.

 

www.michaelisboyd.com

A propos de l'auteur

Fabienne Dupuis
Journaliste
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Membre de l’équipe d’Artravel depuis ses tous débuts, Fabienne est journaliste spécialisée dans les domaines du voyage, design, architecture et art de vivre. Passant le plus clair de son temps à parcourir le monde, Fabienne apprécie tout autant les aventures sur de longues routes poussiéreuses que le confort raffiné de quelques adresses confidentielles. Ses armes ? La littérature européenne du XIXème siècle, des écrits sur l’art et les voyages ou encore quelques publications géopolitique… mais surtout une inlassable curiosité qui lui permet de renouveler ses sources d’inspiration. Après dix années passées à Londres, Fabienne vit aujourd’hui à Paris. Fabienne Dupuis contribue entre autres aussi aux pages du news magazine en ligne de langue anglaise, YourMiddleEast.com.