Une affaire de famille 

Forte de plus de vingt années d’expérience, l’agence britannique McLean-Quinlan fait figure de dinosaure sur le pétillant marché de l’architecture. Pourtant, ce sont bien ses années d’expérience qui font d’elle l’une des agences les plus reconnues du Royaume-Uni. Exploration.

Il y a plus de vingt années que Fiona McLean travaille dans le monde de l’architecture. Des styles, des modes et des tendances, elle en a vus passer beaucoup sans que cela n’influence profondément son travail. Car depuis la création de son studio, l’élégante écossaise n’a eu de cesse de travailler sur une architecture pérenne, sur laquelle le temps glisserait plus qu’il ne l’esquinterait, une architecture à vivre, exigeante, rigoureuse, faite pour des familles en quête d’un foyer. Pour cela, l’agence McLean a pris à contre- pied les travers du genre pour offrir une approche qui prend le temps de l’écoute, de la transcription des envies, des besoins mais aussi des rêves de ses clients, pour enfin, apporter son expertise. Associée depuis plus de dix années à Kate Quinlan – la fille de Fiona –, l’agence prend au passage le nom de McLean-Quinlan – le bureau de Fiona McLean n’a pourtant pas subi de révolution générationnelle. Après tout, les chiens ne font pas des chats ! Au programme, ce sont toujours ces envies d’apporter des solutions de vie et d’espace au travers d’une architecture dénuée d’excès, minimaliste peut-être et avant l’heure, sans doute.

Car chez les McLean-Quinlan, on a, à l’évidence, une sainte horreur du superflu. La frugalité écossaise peut-être ? Ou tout simplement le bon sens, qui se détache systématiquement du stérile et de l’explétif pour mieux se concentrer sur l’essentiel, le bel utile, la vie. Un bon sens devenu véritable ADN, que l’on retrouve comme une marque de fabrique dans le projet Stow-on-the-World : la rénovation d’une ancienne grange devenue aujourd’hui une maison secondaire qui abrite une famille et ses quatre enfants. Au menu, un ancien corps de ferme dont les travaux de rénovation précédents ne satisfont pas McLean-Quinlan. La bâtisse est abattue et les pierres récupérées pour reconstruire la nouvelle habitation à laquelle seront ajoutées deux nouvelles ailes et une piscine. À l’intérieur, les espaces répondent aux exigences d’une vie de famille nombreuse qui aime recevoir et prendre son temps. Ainsi, la pièce de vie principale jouit-elle de toutes les attentions, dégagée d’un étage pour offrir une hauteur sous toit de neuf mètres de haut, que de larges baies vitrées, postées en avant-garde, viennent baigner de lumière naturelle.

Moderne et ancien ici aussi, c’est la pièce de vie du projet Mortehoe qui domine et se déploie pour procurer une aisance naturelle à un espace devenu premier et qui permet de surcroît à ses hôtes de jouir de la vue que la maison possède sur la mer. Une relation avec l’extérieur jamais tout à fait ignorée et que l’on retrouve dans le projet The Stables, où les lignes des différents bâtiments se mêlent les unes avec les autres pour ne former plus qu’une et s’immiscer délicatement dans le paysage vallonné alentour. Mais si les maisons McLean-Quinlan sont bien des maisons à vivre, il serait pourtant dangereux d’enfermer le style de l’agence dans cette seule hypothèse. Elle a, en vérité, bien plus à offrir que les apparences ne veulent bien les afficher. C’est en réalité là que McLean-Quinlan excelle, dans ce jeu subtil d’une architecture simple et accessible qui se dévoile, complexe et magistrale.

www.mcleanquinlan.com


Retrouvez l’article dans notre ARTRAVEL N°70

ARTRAVEL-N°70

Disponible sur notre boutique – 10 € (frais de port compris)

Partager