Spectaculaire mutation

Dans le Sud de la France, les architectes marseillais Jean-Christophe Sabarthès et Xavier Luvison ont réussi une véritable prouesse… Ils ont transformé deux bâtiments anciens sans intérêt en une seule unité contemporaine. Parfaitement articulés, les volumes de la Maison B, habillés de belles matières et de mobilier design, brillent désormais par leur homogénéité.

Un projet singulier à plus d’un titre… Les propriétaires de la Maison B, située en Provence, avaient aimé le travail créatif des architectes marseillais Jean-Christophe Sabarthès et Xavier Luvison effectué au sein du restaurant Les 2 Frères à Aix-en-Provence… Et ils les ont contactés pour la rénovation de leur habitation. « Nous avons visité la maison un vendredi, se souvient Jean-Christophe Sabarthès. Et nous devions présenter un projet pour le lundi suivant ! La propriété, avec des vues époustouflantes, était constituée de deux volumes parallèles légèrement décalés, le premier assez simple, et le second plus complexe et découpé. Mais ce terrain en dénivelé n’autorisait aucune surface supplémentaire ! » Malgré toutes ces contraintes et en partant de l’existant, les architectes ont réussi une métamorphose étonnante, réunissant les deux blocs en une seule et vaste maison contemporaine, inondée de lumière naturelle et riche de nombreux détails.

Le premier bâtiment abrite désormais une maison de gardien, deux suites d’invités et une salle de sport ; le deuxième, les espaces de vie communs et la suite des propriétaires. « Nous avons unis les différents niveaux grâce à un jeu de bassins d’agrément de hauteurs et de profondeurs variables, détaille l’architecte. Puis, nous avons naturellement mis en place un brise-vue en red cedar qui crée une épaisseur entre les maisons ainsi réunies. » Les terrasses de l’étage, agrémentées de jardinières en inox, constituent également un autre élément de liaison.

Pour gommer les traces du passé et conférer au premier édifice une élégante modernité, les architectes ont dissimulé les bords des toitures et les tuiles en rehaussant les façades blanches. La volumétrie a été repensée ; les ouvertures ont été agrandies et traitées de manière contemporaine pour libérer les vues et les espaces. « Nous avons remodelé le bâtiment principal pour l’épurer à son extrême afin qu’il soit en corrélation avec l’unité voisine. » L’accent a été aussi mis sur ce filtre architectural graphique, le brise-vue, qui se prolonge de la coursive à l’autre extrémité de ce volume, tout juste troublé par un bloc blanc émergeant de la façade et logeant la cuisine. Pour éviter toute rupture visuelle, ces lames, qui plongent dans l’eau des bassins, grimpent au-delà du plancher du 1er étage et font ainsi office de garde-corps pour la terrasse supérieure.

Pour pénétrer dans la maison, il convient d’emprunter des pas japonais posés dans l’eau. Dès l’entrée, les visiteurs sont saisis par le panorama extraordinaire sur le paysage qui se découvre juste en face. Et par la beauté des intérieurs peuplés d’œuvres d’art et de mobilier contemporain issu des plus grands éditeurs, et choisi par les architectes : B&B Italia, Cappellini, Living Divani, Edra, MDF Italia, Glas Italia, Paola Lenti, Maxalto, Moroso, etc.

L’autre intelligence de ce projet réside dans la continuité des matériaux, à l’intérieur comme à l’extérieur. Une harmonie qui apporte beaucoup de cohérence à la maison. Les sols de la demeure jouissent d’un parquet en chêne aux très grandes lames (40 cm). En écho au grand meuble séparatif d’entrée réalisé en bois matricé noir, une grande « équerre » intègre la cheminée et délimite l’espace salon. Ce noir a été utilisé également pour les meubles de cuisine dessinés par les architectes. « Et pour répondre et éclairer cette texture noire, poursuit Jean-Christophe Sabarthès, de l’inox poli miroir ou mat a été préféré pour les poignées en joints creux et pour certains plans de travail de la cuisine, qui marie également du granit noir du Zimbabwe et du verre laqué orange en crédence. » Entre le salon et la cuisine, la salle à manger est sublimée par un tableau de Philippe Pasqua et du beau mobilier : une table sur mesure dessinée par les architectes, les fauteuils Husk de Patricia Urquiola (B&B Italia), la commode miroir Scrigno des Campana (Edra). Séparée de la cuisine par des claustras alignés sur les brise-vue extérieurs et une cheminée à l’éthanol dessinée par les architectes, l’autre salle à manger accueille les déjeuners plus familiaux.

Les chambres ont été imaginées dans le même raffinement, et conçues pour embrasser au maximum le paysage, à l’image de la suite parentale aux hautes ouvertures vitrées.

Les extérieurs ont également bénéficié d’une attention particulière. Le terrain a été paysagé par Thomas Gentilini, architecte de la nature, qui a, selon les souhaits des propriétaires, sélectionné des plantes méditerranéennes statiques et sculpturales. Quant au bassin de nage situé en contrebas du bassin à débordement de faible profondeur en continuité des pièces de jour, il est bordé de murs en pierre et prolongé par un pool house, il s’étend, lui, sur 26 mètres de long. Une réalisation exceptionnelle à tous les niveaux.

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