En pleine préparation de sa tournée mondiale et de la sortie de son nouvel album, Lenny Kravitz nous parle de son autre passion : le design. Rencontre exclusive avec un esthète éclairé entré dans le paysage de l’architecture d’intérieur par la grande porte il y a dix ans.

Si Lenny Kravitz est bien la rockstar planétaire que l’on ne présente plus, on sait moins que l’auteur de Always on the run et Are you gonna go my way est un véritable fou de design. Une passion qui ne doit rien au hasard ou à l’opportunisme, pour ce fan absolu de Jimi Hendrix et de Led Zeppelin qui découvrit très tôt l’Art déco, le primitivisme et le futurisme, et qui cite volontiers aujourd’hui l’école de Nancy et notamment Louis-jean Sylvestre Marjorelle, dont il possède plusieurs pièces rares d’ébénisterie, comme l’une de ses influences majeures. Mieux, en 2003, il créait son propre studio Kravitz Design Inc. signant des collections d’objets pour Swarovski et bien sûr Kartell, adoubé par son ami Philippe Starck, dont il livra une relecture masculine et définitivement rock de la célèbre chaise Mademoiselle. Habitué à concevoir ses propres intérieurs depuis son plus jeune âge, Lenny Kravitz s’est chargé en personne de la décoration de sa majestueuse demeure de SoHo à New York et de son magnifique hôtel particulier du XVIe arrondissement à Paris. Un modèle d’élégance ultra-glamour, dont il a dessiné une bonne partie du mobilier, les canapés, les papiers peints et les rideaux, et qu’il a associé à une sélection de pièces vintage, de lustres en cristal majestueux et des pièces uniques de designers et d’artistes contemporains.

“ J’ai découvert que, quand je ne faisais pas de musique, je devais être créatif autrement. ”

Parmi ses premières réalisations contract, outre le studio d’enregistrement du Setai Miami Beach Hotel, fidèle à son image de rocker, il a signé une suite pour le SLS Hotel South Beach de Miami, ainsi qu’un bungalow et la suite présidentielle de l’hôtel Paramount Bay toujours à Miami, inspirée par Mies van der Rohe et Gabriella Crespi, dont il admire particulièrement le travail. Élégant et racé, son style fait la part belle aux matériaux nobles ( bois brut, métal chromé, la soie, peaux, velours) et joue subtilement les contrastes, en masculinité et féminité, matérialité et immatérialité. 2014 marque pour lui une nouvelle étape dans sa carrière de designer. Grâce au plateau du nouveau talk show de Queen Latifah sur une chaîne de grande écoute, un décor très cosy entre la garçonnière dans laquelle Hugh Heffner recevait ses invités dans l’émission Playboy After Dark et les appartements cosy de la sitcom The Jeffersons, dans laquelle jouait sa mère Roxie Roker, Lenny Kravitz est désormais identifié par ses compatriotes comme l’une des valeurs sûres du design d’intérieur US. Et à 49 ans, il n’est pas prêt de s’arrêter là. Pour preuve ? Une participation à la série anniversaire des 10 ans de la bourgie de Kartell aux côtés des plus grands noms de la planète design, et un partenariat exclusif avec la marque de grande distribution Fred Segal pour créer une collection capsule exclusive, comprenant des pièces unisexe, des accessoires de mode et de voyage et même une moto custom !

À quand remonte votre passion pour le design ?

Lenny Kravitz : Ma passion pour le design a démarré très tôt, probablement avant même que je puisse vraiment l’identifier. Enfant, j’avais imaginé mon environnement. C’était important pour moi de créer une atmosphère dans laquelle je me sente bien et où je pouvais créer.

Vous êtes un artiste complet, musicien, photographe, acteur… Vous avez fondé votre studio design, Kravitz Design Inc en 2003. Le design est-il une manière alternative d’exprimer votre créativité quand vous n’êtes pas en studio ?

Lenny Kravitz : J’ai besoin de créer tout le temps. J’ai découvert que, quand je ne faisais pas de musique, je devais être créatif autrement. Avoir des moyens alternatifs de créer me permet de me sentir plus concerné.

Qui sont les gens qui travaillent avec vous chez KDI ?

Lenny Kravitz : J’ai une super équipe avec moi chez Kravitz Design inc. C’est un petit groupe de personnes venues d’horizons très divers et avec lesquelles je travaille depuis plusieurs années. Le tout dans une ambiance très collaborative au studio.

Votre studio est basé à Soho. Pourquoi avoir fait le choix de vous installer à New York ?

Lenny Kravitz : Parce que New York est sûrement l’une des villes les plus créatives et pleine d’énergie du monde. C’est l’endroit rêvé pour développer un business créatif. Grâce à la technologie, je peux travailler depuis n’importe quel endroit du monde quand je suis en tournée ou en tournage. Je suis toujours en lien avec le studio par téléphone, par mail ou par vidéo. Et quand, dans certains cas, il est indispensable de travailler face à face, j’ai quelqu’un du studio qui voyage avec moi.

Qu’est ce que vous aimez le plus dans le fait d’être designer ?

Lenny Kravitz : Le fait de créer des intérieurs confortables avec du charme.

D’où tirez-vous votre inspiration ?

Lenny Kravitz : De tout un ensemble de choses. Comme je voyage beaucoup, je trouve toujours des idées qui inspirent mon travail au détour des endroits où je vais. Je collectionne les pièces américaines des années 60 et 70 depuis pas mal d’années, de designers comme Paul R. Evans ou Karl Springer. J’aime aussi beaucoup le travail de Gabriella Crespi et de Maria Pergay.

Pour Kartell, vous avez collaboré avec Philippe Starck pour signer une relecture de sa fameuse Mademoiselle chair. Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Lenny Kravitz : Philippe est quelqu’un de profondément créatif. Travailler à ses côtés a été très inspirant. Il m’a beaucoup encouragé et soutenu. L’idée de départ de ma version de sa chaise Mademoiselle était de marier haute couture et rock. Le choix du motif en peau de serpent et de la fausse fourrure étaient plutôt inattendus pour Kartell.

Quelles autres collaborations avez-vous signées ?

Lenny Kravitz : Nous avons signé une série de lustres pour Swarovski Crystal Palace, une boîte en édition limitée pour Sushi Shop New York, des montres et des lunettes de soleil pour Chilli Beans, une ligne de papiers peints pour Flavor Paper et Goccia, un revêtement mural à motifs

http://www.kravitzdesign.com/