Caractérisé par un vaste porte-à-faux, des interpénétrations intérieur/extérieur et l’habile utilisation d’un sol à deux niveaux, le projet est en quelque sorte une relecture des œuvres iconiques de Richard Neutra, l’architecte moderniste du rêve californien.

Dans un grand geste horizontal, la structure s’élance au-dessus du vide, depuis le roc jusqu’à l’extrémité nord occupée par la chambre des maîtres. Au passage, elle prend appui sur les deux pans de béton qui consolident le bâtiment principal, érigé en contrebas. À l’image du système d’ancrage visible sous le plancher de la terrasse, ces piliers massifs qui expriment la stabilité, réelle et perçue, répondent à la demande pour « un habitat rassurant, un refuge. »

Le défi consistait à représenter la légèreté par quelque chose composé de matériaux lourds. La réponse prit la forme de modules greffés aux façades. Traités en éléments distincts, peints noirs pour mieux se découper sur le béton naturel et projetés vers l’extérieur, ils apportent du souffle au plan général relativement simple. Leurs volumes différents coïncident avec des fonctions — entrée, solarium, cage d’escalier — mises en transparence par le verre. Le rapport vide/plein s’effectue dans une harmonie réciproque.

Entrée principale face à l’escalier, atelier avec porte de garage surdimensionnée, bureau et commodités se partagent le niveau inférieur. À l’étage, salle commune aménagée dans le passage aérien, espace privé en partie nord. Un bloc central, qui renferme salle d’eau, garde-manger et rangements, assure la transition entre les deux zones. Volontairement dépouillé, l’aménagement laisse la vedette au paysage, qui s’immisce de toutes parts dans les volumes internes. Les occupants ont non seulement l’impression de vivre dehors; ils peuvent jouir d’un décor où les images, formes, couleurs et motifs se renouvellent sans cesse, au rythme de la saison et du climat, de la luminosité, de l’heure du jour ou de la nuit.

www.espacevital.com

Photos : Stéphane Lemire

Source : V2com

Partager