Quand Steve Martino, paysagiste de son état, demanda à son nouveau client ce qu’il souhaitait pour son jardin, celui-ci lui répondit « stylé, cool, sexy ». Avec trente années de métier, Steve Martino n’était pas tout à fait inquiet mais à son niveau de jeu, chaque projet est un véritable challenge qu’on ne peut se permettre de compromettre.

Grand spécialiste de la région du sud-est des États-Unis, l’homme a développé depuis toutes ces années un talent hautement reconnu dans son pays comme à l’international. Et ce talent, il le doit en partie à cette région qui lui offre les matières dont il s’est inspiré et qu’il a utilisées peut-être avant tout le monde. Réputée pour la sécheresse de son climat, la Californie, entre autres, a souvent produit des jardins luxuriants qui devaient combler le « vide » d’une nature pour le moins aride. Pour Steve Martino, ce fut l’inverse. Au lieu de fantasmer ses créations, l’homme a tout bonnement préféré s’inspirer de ce qui l’entourait et qu’il, par voie de fait, connaissait plutôt bien. Homme de son époque, Steve Martino se sert de tous les éléments qui pourront mettre en scène ses créations, utilisant matériaux et systèmes d’illumination qui sauront donner souffl e et théâtralité à ses oeuvres. Ainsi donc le site devient-il la source d’inspiration de Steve Martino, alors que sa signifi cation culturelle, ses codes et sa portée seront les éléments qui aideront à bâtir une image transcendée de la nature d’une région. Plus simplement, Steve Martino s’inspire d’abord du site puis le replace dans le contexte plus maîtrisé d’une habitation. Si sur le papier, la tâche semble relativement simple, pourtant seul le génie peut de facto l’appliquer brillamment. Est-ce en plus à dire que le résultat sera nécessairement « stylé, cool et sexy » et l’affaire prend soudainement et effectivement, une autre ampleur. Personnage public aux multiples occupations, designer de renom, le propriétaire des lieux souhaitait un espace qui célèbre tout autant Palm Springs, lieu de sa nouvelle demeure, que les multiples activités qu’il tiendrait au sein même de sa propriété : soirées privées ou grands rassemblements pour des collectes de fonds, le jardin sera beau et versatile. Réputée pour ses golfs, ses jardins et ses , la destination de Palm Springs devait ici être dépassée pour offrir, au-delà de ces limites habituelles, un scope plus large, plus authentique… et hautement désirable. Véritable extension du paysage, le jardin serait une fi ne combinaison d’eau et de lumière. Deux acteurs centraux de la vie de désert. Les plantes indigènes peuvent alors prendre place sur des espaces où les roches toujours apparentes montrent leurs saillies alors que l’eau, calme et reposante, apporte sa touche de limpide sérénité. Se défaisant des codes locaux, Steve Martino, fait tomber les hauts murs qui habituellement entourent les élégantes propriétés de ce quartier plutôt chic de la ville. Il faut ici que le jardin s’offre aux autres dès les premiers abords de la villa ; les passants pourront même jouir des premiers parterres, alors que le jardin évoluera doucement sur les plus de 6 000 m2 de terrain à remodeler, offrant à chaque pièce de la maison, une vue unique, exceptionnelle. Pour l’heure, l’enjeu se trouve pourtant situé sur la topographie d’un terrain surélevé, qui rend la propriété, sa piscine, accessibles aux yeux de tous. Une gigantesque cheminée de près de trois mètres de hauteur, quelques panneaux de verre dépolis et des treillis de jardin sont alors bâtis et plantés pour délicatement obstruer la vue sans jamais totalement fermer aux autres, une villa dont l’ouverture est l’une des exigences. Ne reste plus alors qu’à apporter aux agaves, ficus et yuccas (plus de vingt types de plantes seront en fait apportées au jardin) la touche finale. Grâce à un jeu de lumière savamment dissimulé, le jardin se transforme dès la nuit tombée en un paysage lunaire et poétique, redéfinissant totalement ce qui lui préexistait et confirmant au passage la qualité de cet espace, décidemment « cool, sexy et très très stylé ».

www.stevemartino.net