Escapade urbaine

Lorsque l’on regarde la maison Kooyong, on a peine à croire que cette demeure était jadis une bâtisse victorienne… Sans renier totalement son passé, elle a subi une spectaculaire métamorphose, signée par le studio australien Matt Gibson Architecture + Design.

Jouissant d’une belle notoriété en Australie, le studio Matt Gibson Architecture + Design, installé à Melbourne et Sydney, est l’auteur de réalisations remarquées aux échelles diverses dans les domaines résidentiels et commerciaux.

Et la maison Kooyong à Armadale dans la banlieue de Melbourne figure parmi les projets de l’agence qui méritent d’être évoqués ! La vieille bâtisse victorienne défraîchie était vouée à une démolition complète. Mais une solution plus durable a convaincu le propriétaire, et quelques éléments d’origine, visibles depuis la rue, ont été conservés puis restaurés ; le reste ayant été rasé… Ainsi, la demeure affiche aujourd’hui un visage unique constitué de deux bâtiments, simplement reliés par un couloir extérieur pensé comme un « pont » vitré qui se transforme au gré des saisons. En été, il peut s’ouvrir entièrement jusqu’à devenir extérieur lui-même, tandis que pendant les mois les plus froids, il est possible de le fermer entièrement. Une douce transition entre passé et présent, presque un espace de méditation entre deux époques…

Au lieu d’adosser le bâtiment neuf directement à l’existant, un niveau supérieur, un garage et une piscine ont été créés à l’arrière. À l’avant, la Kooyong House montre ainsi des éléments somptueux de la façade victorienne ; et derrière en revanche, une maison très contemporaine en forme de « L » avec plusieurs terrasses et une piscine a pris place…

Protégée du soleil par des brise-soleil en bois et entièrement ouverte sur le jardin, l’extension, mêlant lignes droites et courbes, a été pensée pour profiter au maximum des belles journées d’été. À l’étage, des chambres ont été aménagées et le rez-de-chaussée abrite le salon et la cuisine juste séparés par un meuble-bibliothèque conçu pour  segmenter l’espace sans le cloisonner. En ayant opté pour des baies vitrées du sol au plafond, les occupants ont fait le choix d’une vie en plein air.

Sobrement meublés de manière contemporaine, les intérieurs de la nouvelle habitation, mariant bois et sol en béton ocre, ne souffrent d’aucune surcharge, alors que les pièces de la demeure d’origine ont conservé quelques stigmates ici et là d’une époque révolue comme une cheminée ancienne, des moulures, un lustre…

Une échappée belle au cœur de la ville et une architecture qui échappe aux règles traditionnelles.

 

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