En immortalisant avec humour les réactions des vacanciers d’une plage des Caraïbes située en bout de piste d’aéroport, le photographe Josef Hoflehner réalise une série de photographies mythiques, parmi les plus incroyables jamais réalisées.

C’est à Saint Martin, petite île franco-néerlandaise du nord-est des Antilles, située à 250 km au nord de la Guadeloupe et 240 km à l’est de Porto Rico, que cette étonnante série de photographies a été réalisée sur une durée de sept mois, répartis entre le début de l’année 2009 et la fin 2011. Plus précisément à Maho Beach, une plage immaculée de sable fin dont l’une des particularités, sous des allures de paradis ultime, est d’être directement accolée à la piste du seul aéroport de l’île. Plusieurs fois par jour donc, les avions de ligne long-courrier décollent et atterrissement du Tarmac relativement court du Princess Juliana Airport, passant moins de quatre mètres au-dessus des têtes des vacanciers en train de prendre un bain de soleil! Assisté par son fils Jakob, le photographe autrichien Josef Hoflehner capture ces scènes aussi surréalistes que drôles, saisissant la surprise, la crédulité ou la stupeur des témoins en bikini de cette aberration aérienne. Peu ou prou dérangés par le bal incessant de ces avions décollants ou piquants vers le sol, certains tentent, caméra au poing, d’immortaliser le moment exceptionnel qu’ils sont en train de vivre et qui restera sans doute, comme l’un des souvenirs les plus marquants de leurs vacances. Aussi inconscients que téméraires, d’autres s’en vont braver le danger en escaladant les barrières de sécurité pour toucher du doigt leur rêve en forme de trains d’atterrissages. Nageurs stoïques, naïades désabusées et sportifs du dimanche obligés de détourner le regard face au souffle qui les décoiffe et fait voler le sable autour d’eux, complètent ces étonnants tableaux. Une série de clichés exceptionnels, mais aussi et surtout splendides, réalisés dans un noir et blanc, lumineux et très contrasté. Parce qu’ils optent pour des perspectives et des cadrages stricts, on pourrait croire que les avions ont été ici posés en surimpression, entre les palmiers et les parasols publicitaires. Mais c’est bel et bien uniquement grâce à la patience et au coup d’œil de ce duo de photographes hors-pair que l’on doit ces chroniques de vacances si particulières, qui résonnent comme un cruel rappel à cette vie de dingue à laquelle même au bout du monde, il semble finalement vain de vouloir échapper.

http://www.josefhoflehner.com/