Jeune architecte ukrainien, Vladimir Konovalov est un doux poète qui rêve ses projets, en trois dimensions. Immersion dans le monde lyrique d’un esprit créatif.

©Omega Render

Vladimir Konovalov est né en 1987 sur les bords de la mer d’Azov, en Ukraine. Aujourd’hui installé à Rotterdam, le jeune homme n’a pourtant pas oublié l’émotion que l’architecture de son enfance suscitait en lui. C’est cette émotion qui l’a d’ailleurs conduit à poursuivre des études en architecture à Kharkov d’abord et à Shanghai ensuite, où une bourse d’étude et son talent l’ont aidé à s’y rendre. Fort de cette expérience et de quelques années d’apprentissage, le jeune homme crée son agence quelques années plus tard.
Poétique, Vladimir Konovalov l’est toujours. Il n’est que de lire les textes d’introduction de ses projets pour le saisir. Pour son Infinity House, projet qui nous intéresse aujourd’hui, Konovalov parle de sensations, de la beauté et de la dureté d’une météorologie peu clémente, dans une scène imaginée au nord de la Norvège. Dans cette dualité d’émotions, Konovalov trouve dans le bâti le refuge idéal d’un monde rassurant et douillet. Pourtant, son habitation n’existe qu’au travers du monde extérieur qui l’entoure. Elle ne prend sens que grâce à lui et c’est dans cette relation ambiguë, forte et intense, que les deux peuvent symbiotiquement vivre.
Concrètement, à quoi ressemble donc cette Infinity House rêvée par Konovalov ? Composée de trois éléments principaux, l’Infinity est un chef-d’œuvre de minimalisme. Du béton d’abord, qui suit les arêtes d’un parallélépipède et auquel on a ajouté trois autres pylônes, sur chaque longueur, érigés à égale distance l’un de l’autre. Au-dessus, un bloc de béton sert tout autant de toit à l’habitation que de bassin à la piscine qui surplombe la construction. Puis enfin, un bloc placé au cœur du solide, abrite la salle de bains et un petit escalier, dit « secret ». Le reste de l’espace demeure entièrement ouvert. L’on y déambule aisément, du salon vers la cuisine, puis jusque vers l’unique chambre de l’Infinity en frôlant du doigt les baies vitrées, pleine hauteur.
Au cœur de ce gros bloc de béton qui rappelle les éléments bruts du monde extérieur, l’architecte a fait le choix d’une décoration sobre et masculine, ponctuée de pièces issues de marques de renom : Erba Italia, Flou, Poliform, Gaggenau, Currey & Company. Dans le salon, deux canapés noirs face à face, posés sur un tapis en damier, sont installés près de la grande bibliothèque qui sert de paroi de séparation, et dans laquelle a été ajoutée une cheminée. De l’autre côté, la cuisine est encadrée de deux parois noires, utilitaires. L’une enferme l’électroménager nécessaire au lieu et quelques placards, tandis que l’autre multiplie les étagères de rangement. Au centre, un îlot de marbre blanc – exception à la règle ! – fait office de table et d’espace de préparation des repas. Plus loin, le curieux cube noir passé, l’on arrive enfin dans la chambre pourvue d’éléments habillés de brun. Une console placée à l’arrière de la tête de lit sert, quant à elle, d’espace de bureau.
Mais il est sans doute temps de revenir en arrière. Temps d’ouvrir la porte du cube et de filer le long de cet escalier à vis contemporain qui mène vers la piscine, perchée tout là-haut. En prise directe avec le monde extérieur, elle offre des vues sans limite et à 360 ° sur les éléments, qui se reflètent impassiblement sur l’eau de ce bassin de 21 mètres de long.

www.vladimir-konovalov.com

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       Retrouvez l’article dans notre Artravel n°76 — Avant Gardiste


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