À rebrousse-poil

Maître du détail et des architectures bien huilées, l’agence Nico Van Der Meulen livre avec la maison Boz, un sublime exercice de rapport entre les espaces intérieurs et extérieurs. Petit tour de curiosité.

L’agence d’architectes de Nico Van Der Meulen a bâti sa réputation sur la qualité de ses ouvrages et leurs détails impressionnants. Une marque de fabrique qui semble toujours filer bon train au regard de l’un de leurs derniers projets pour lequel l’équipe sud-africaine semble s’être particulièrement régalée.

Directement inspirée, selon ses créateurs, des maisons de brousse d’Afrique, la maison Boz semble pourtant bien éloignée de ces lodges de bois où les chasseurs de gibiers se rassemblent autour d’un copieux repas pour parler des prises du jour. Seuls peut-être la fluidité des mouvements qu’elle octroie aux personnes y séjournant, mais aussi l’accès ouvert qu’elle offre sur l’extérieur et la nature à portée de main, rappellent sans doute ces pavillons de chasse africains. Car pour le reste, la maison Boz est plus purement un véritable exercice de style architectural. Une mécanique de joaillerie ultra précise et très impressionnante, tout autant par sa taille imposante que le travail du détail que les architectes se sont ici imposés.

Ce sont d’abord une multitude de cubes qui se dévoilent à l’approche. Des espaces définis et marqués où les matériaux (bois et pierres locales, tous de la région) ont été utilisés tout autant pour limiter l’impact écologique du bâti que pour insérer le plus naturellement possible la maison dans son contexte naturel.

« En architecture, on devrait toujours donner priorité à la fonctionnalité sur la forme. Nous passons en réalité plus de temps à vivre dans nos maisons qu’à les contempler, c’est pourquoi notre agence dessine avant toute chose des maisons à vivre, des lieux hautement fonctionnels »

Si les espaces se distinguent les uns des autres, ils sont aussi admirablement assemblés pour provoquer un flux de déambulation aussi fluide que possible. « En architecture, on devrait toujours donner priorité à la fonctionnalité sur la forme. Nous passons en réalité plus de temps à vivre dans nos maisons qu’à les contempler, c’est pourquoi notre agence dessine avant toute chose des maisons à vivre, des lieux hautement fonctionnels », confirme Nico Van Der Meulen, directeur de l’agence éponyme qu’il a créée avec sa femme en 1984. Pour la maison Boz, les architectes ont donc imaginé un lieu de convivialité avec en pièce maîtresse, le salon, placé au cœur de la maison, d’où partent les axes est-ouest et nord-sud. C’est d’ailleurs cette façade nord qui a été privilégiée pour offrir une vue à 180 degrés sur l’espace extérieur et qui de fait s’ouvre entièrement vers lui pour offrir une prise directe sur le site exceptionnel qui entoure la maison. Ce choix stratégique permet en même temps à la demeure de profiter d’un ensoleillement naturel, mais aussi d’en récupérer cette précieuse énergie thermique durant les mois d’hiver, tandis que des brise-soleil ont été placés juste au-dessus de la terrasse pour l’en protéger les mois d’été.

Désireux d’apporter de l’énergie dans cette vaste demeure, les architectes ont ajouté ici et là quelques éléments moteurs en sus d’un choix complexe et riche de matériaux. Ainsi, estrades et surélévations découpent les espaces et brisent l’implacable langueur des lignes impassiblement droites, tandis que quelques plantes judicieusement placées rappellent la présence majestueuse de la végétation alentour. La maison Boz, avec ses quatre chambres et ses salons, peut alors devenir une maison à vivre. Large et confortable, elle est aussi imparablement luxueuse. Un luxe qui rend ici admirablement justice à la « fonction » si chère à Nico Van Der Meulen.

www.nicovdmeulen.com

A propos de l'auteur

Fabienne Dupuis
Journaliste
Google+

Membre de l’équipe d’Artravel depuis ses tous débuts, Fabienne est journaliste spécialisée dans les domaines du voyage, design, architecture et art de vivre. Passant le plus clair de son temps à parcourir le monde, Fabienne apprécie tout autant les aventures sur de longues routes poussiéreuses que le confort raffiné de quelques adresses confidentielles. Ses armes ? La littérature européenne du XIXème siècle, des écrits sur l’art et les voyages ou encore quelques publications géopolitique… mais surtout une inlassable curiosité qui lui permet de renouveler ses sources d’inspiration. Après dix années passées à Londres, Fabienne vit aujourd’hui à Paris. Fabienne Dupuis contribue entre autres aussi aux pages du news magazine en ligne de langue anglaise, YourMiddleEast.com.