François Morellet
Plaisir Minimal
À l’avant-garde de l’abstraction géométrique et précurseur du minimalisme et de l’utilisation du néon dans l’art, François Morellet est un artiste majeur du XXe siècle, véritable pionnier qui a su développer, pendant plus de soixante ans, une oeuvre (très) originale où le spectateur et l’humour ont une place prépondérante.

Entre simplicité et harmonie parfaite obtenue avec des moyens extrêmement simples, l’œuvre de François Morellet à la fois rigoureuse et rigolarde, se pose à l’avant-garde de l’art minimal – dont s’inspireront Ellsworth Kelly, Frank Stella ou Sol LeWitt – mais aussi comme l’un des pionniers de l’art cinétique au sein du groupe de recherche d’art visuel. Né à Cholet en 1926 où il vit toujours, cet ancien industriel a tout au long de sa carrière, multiplié les types d’interventions plastiques, depuis ses premières toiles jusqu’aux projets de réalisations monumentales in situ, en passant par les sculptures et les installations. Réalisées à partir de matériaux divers – tubes de néon qu’il est l’un des premiers à utiliser, projections de lumière, pièces de bois, papier sérigraphié, bandes adhésives aux murs, tubes d’aluminium, plaques de métal – ces dernières ( qui ont fait l’objet d’une rétrospective il y a trois ans au centre Pompidou sous le titre de Réinstallations) ont toutes été imaginées par l’artiste dans le cadre d’ expositions et en fonction des lieux et des circonstances où il est intervenu. Réinterprétant tous courants modernistes, du néoplasticisme de Mondrian à l’art concret de Van Doesburg en passant par le constructivisme des frères Gabo, de Lissitzky ou de Moholy-Nagy, François Morellet échappe finalement à tout systématisme. Marqué par l’œuvre de Max Bill comme les motifs géométriques de l’Alhambra de Grenade, il établit différents systèmes d’arrangement de formes (superposition, fragmentation, juxtaposition, interférences…) pour créer sa première trame, un réseau de lignes parallèles noires superposées selon un ordre déterminé. Au cœur de sa démarche, l’humour et l’ironie -présente notamment dans les titres des œuvres qui expliquent le processus créatif – mais aussi la part induite de hasard dans le dispositif et la place donnée au spectateur. Une démarche pleine de contrastes et de surprises, qui provoque toujours et ce quel que soit le médium utilisé, de véritables chocs visuels et autant de plaisir tant par l’élégance du propos que par la beauté de l’effet.