Pour l’une de ses dernières réalisations, l’agence d’architectes israélienne Pitsou Kedem, continue de pousser les limites de l’intégration architecturale. Visite au coeur de la Float House…
Avec son toit un peu bas, ses bassins d’eau dans lesquels la maison se reflète paisiblement, nouvelle création de l’agence Pitsou Kedem a comme un petit air d’Asie. C’est pourtant bien en plein coeur des terres d’Israël que la Float House (la maison flottante en français) a vu le jour, et même si sa syntaxe en rappelle d’autres venues d’ailleurs, elle ne surprend en réalité qu’à peine le portfolio de l’agence. Avec une véritable kyrielle de réalisations, l’agence a maintes fois confirmé son style :
des lignes simples et efficaces qui s’inscrivent pleinement tout autant dans notre environnement que dans leur contexte régional. Une destination faite de longues journées de soleil qui exige du métier d’architecte une attention – ou tout au moins une gestion – particulière de ses tracés. Pour la Float House, l’heure était donc à celle d’été. De celle que l’on vivrait un peu caché pour s’épargner le fouet des températures. Un peu de cela mais un peu plus aussi. Car pour la petite histoire, celle de la Float est avant tout celle d’un continuum. Un large espace qui se vivrait du dehors au dedans, sans obstacle. Si les tendances mondiales du bâti semblent aller dans ce sens, ici l’exercice paraît pourtant pousser encore un peu plus loin les limites. Cela commence d’abord par un mélange d’espaces ouverts et fermés dans ce qui pourrait être compris comme la surface d’habitation. Un damier de pleins et de que deux longs toits fins, soutenus par un pilier central, couvrent, offrant au passage à la vue, une forme délicieuse légèreté. Au-delà de ce toit qui semble comme suspendu dans les airs, les architectes se sont attachés à déconstruire pour lui offrir une modularité maximale. Baies vitrés coulissantes mais aussi murs en persienne permettent de poursuivre l’effort d’homogénéité entre les deux champs, dedans et dehors qui perdent encore ici un peu plus de leur frontière respective. c’est surtout grâce à la présence de l’eau que la magie semble vraiment prendre. D’abord, parce qu’elle paraît circuler entre le sol de béton de la maison comme le lit d’un ruisseau qui virevolte entre les obstacles qui le défient ; parée de ces fenêtres de verre, la maison se voit ainsi entourée par un cours d’eau qui lui confère une touche un peu fugace, presque insaisissable. Et puis aussi parce que, la maison et sa toiture en porte-à-faux reflètent leurs courbes dans cette eau qui prolonge alors la construction ad libitum. La structure passe alors de rigide à fluide, au passage nature et construction, sans limite définie d’entrée ou de sortie. Si l’effet d’optique est sans pareil, la sensation est elle troublante. La preuve sans conteste d’un dessein réussi.

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