Anatomie d’un architecte

Les architectes de l’agence Corpo Atelier dévoilent leur projet de villa, au cœur d’un parc golfique des côtes du Portugal. Exploration d’un concept architectural.

© Ricardo Oliveira Alves

Tout serait l’expression d’éléments. Ou tout au moins, du collage de ces éléments. À la manière des êtres humains, dont les parties seraient assemblées pour former un tout, l’architecture, selon l’agence portugaise Corpo Atelier, relèverait d’un assemblage de parties pour offrir un espace doué de sens, de fonctions. La structure serait les os, les murs la peau, les fenêtres les yeux, les portes la bouche. Entre ces deux corps, l’un organique et l’autre parfaitement artificiel, une seule différence : l’opportunité pour l’un de multiplier ses possibilités. Ainsi donc, l’architecture serait sans fin,
un jeu de construction, un champ ouvert à l’expérimentation perpétuelle. C’est ce regard absolu qui a permis aux architectes d’imaginer, sans préjugé ou préconception, le projet pertinemment nommé : Cinq terrasses et un Jardin. Au départ de l’affaire, un terrain de golf, à Vilamoura au Portugal, une terre parée de buissons et d’arbres, de bacs de sable et de petits étangs. Un terrain vallonné où d’autres maisons ont, elles aussi, été érigées pour satisfaire une clientèle acquise aux plaisirs de la petite balle blanche.

Et puis au loin, l’océan d’une part, et de l’autre, les pics des montagnes.
Face à ce préalable, les architectes commencent alors à bouger leurs blocs de béton. Les étirant ici, les allongeant là. Puis en enfin, la réponse prend forme pour devenir un empilement de cinq blocs avec terrasses, amoncelés les uns sur les autres, construits en porte-à-faux.

Cinq éléments qui permettent ainsi aux locataires de vivre le monde extérieur à leur guise mais aussi de profiter de la nouvelle demeure, sans le regard parasite de flâneurs indésirés.

Chaque bloc, épais, opaque et impeccablement blanc, semble défier le monde extérieur, ne laissant apparaître pour ouvertures que les terrasses et quelques bacs à plantes dans lesquels la lumière et le vent s’engouffrent pour envahir les espaces intérieurs. Avec ses multiples points de vue, la Cinq terrasses fait évoluer les expériences vécues de l’intérieur, offrant à ses hôtes une réalité hétérogène, peut-être même complexe…

Sur les terrasses, les plantes semblent faire le lien naturel avec le monde qui les entoure, défiant avec délice le blanc pérenne de la maison. Un blanc qui envahit aussi les espaces intérieurs et réfléchit ad libitum la lumière naturelle. Comme si l’extérieur vivait aussi à l’intérieur ou que la maison elle- même était tout bonnement sans limite spatiale.

« Chaque bloc, épais, opaque et impeccablement blanc, semble défier le monde extérieur. « 

http://www.corpoatelier.com/


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