Eternelle optimiste

Une joie communicative ! C’est ce que transmet Constance Guisset lorsque l’on échange avec elle ! Toujours désireuse de relever de nouveaux challenges, la designer française de 39 ans invente des objets, des accessoires, des scénographies et des meubles qui fleurent bon la légèreté et la douceur. Entretien avec une créatrice de talent, enthousiaste et passionnée.

Vous commencez vos études à l’ESSEC, puis vous intégrez l’IEP de Paris et enfin l’ENSCI-Les Ateliers… Votre parcours est original !

Constance Guisset : Oui, même si j’ai toujours bricolé et voulu faire quelque chose avec mes mains, j’aimais bien étudier et je me disais que cela m’ouvrirait ensuite d’autres possibilités. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire en sortant de l’ESSEC ; j’étais aussi très intéressée par la culture et par l’art… Mais lorsque je suis sortie de Sciences Po et que j’ai commencé à travailler, j’ai réalisé que je ne souhaitais pas faire de la gestion culturelle mais plutôt de la création… J’ai alors fait l’ENSCI. J’ai aussi travaillé chez les Frères Bouroullec à mi-temps. Je m’occupais de l’administratif, mais j’ai beaucoup appris : comprendre les process, les exigences… Puis j’ai fondé mon studio.

 

Vous avez rapidement connu le succès, notamment avec la suspension Vertigo éditée par Petite Friture, on vous a fait confiance dès le départ ?

Constance Guisset : J’ai senti longtemps qu’il fallait que je fasse mes preuves car je venais d’ailleurs… Mais les personnes qui m’ont entourée et encouragée m’ont donné confiance. Je pense notamment à quelqu’un comme Angelin Preljocaj avec lequel j’ai fait la scénographie du « Funambule » en 2009. Un jour, il m’a dit : « Guisset, tu vas réussir ! »

 

Avec qui collaborez-vous actuellement ?

Constance Guisset : Entre autres, avec Petite Friture, Moustache et Ethnicraft avec lesquels je sors des produits cette année. Mais aussi Nature et Découvertes, La Redoute, Molteni, la Galerie MiniMasterpiece pour laquelle je viens de dessiner des bijoux, des éditeurs belges, danois, chinois aussi…

Par ailleurs, j’ai réalisé la scénographie de l’exposition « Persona, étrangement humain », présentée actuellement au musée du Quai Branly, et la scénographie du spectacle de danse « Mise en scène », de la compagnie Wang Ramirez, dont la première aura lieu ce 9 février au Théâtre de l’Archipel à Perpignan. Et cela sera vraiment amusant !

 

Vous aimez varier les plaisirs !

Constance Guisset : Oui. J’aime beaucoup la diversité de nos projets. Notre métier est aussi vaste que dessiner un objet technologique, un bijou ou un accessoire.

 

Vous arrive-t-il de douter ?

Constance Guisset : Il faut rester très humble devant chaque sujet car si l’on pense que l’on a la réponse à chaque fois, et bien on se trompe. Même si aujourd’hui je suis assez sûre de trouver des solutions à mes problématiques, il m’arrive encore de douter. Et dans ces moments-là, j’ai toujours mon entourage qui me dit : « Mais enfin Constance, tu as 30 idées à la minute, bien sûr que tu vas y arriver ! »

Comment naissent vos créations ?

Constance Guisset : Je commence par rêver avant de dessiner. Il m’arrive souvent dans des moments calmes d’imaginer des choses, d’avoir des intuitions fortes, de les voir en mouvement… et une idée naît de cela. Ensuite, elle se construit et se travaille jusqu’à la forme finale.

 

Avez-vous des matériaux de prédilection ?

Constance Guisset : Je n’ai aucun a priori sur les matériaux. Il faut toujours laisser le temps au matériau et lui donner la possibilité d’exister. Certains designers partent du matériau pour penser l’objet, moi, c’est l’inverse. Dans ma démarche, c’est l’esprit que je veux donner à une création qui compte au préalable… Puis la matière suit.

 

Comment définiriez-vous votre travail ?

Constance Guisset : Les mots importants pour moi sont la légèreté, l’élégance, la grâce, le mouvement… Et la douceur aussi. C’est quasiment du militantisme formel ! Parfois, on évolue dans un monde trop dur, trop tranchant… et j’ai envie d’un monde avec une forme de douceur. Si j’étais un homme, on me dirait que je fais du design sensible et comme je suis une femme, l’on se permet de dire que c’est du design féminin, alors que je pense qu’il s’agit tout simplement d’une nécessité. Mes créations peuvent aussi être un peu plus organiques mais elles sont toujours tenues.

Si vous regardez un objet comme Cape, il est a mi-chemin entre l’abstraction et la figuration. Il évoque surtout plus qu’il ne dit. Je pense que les objets peuvent avoir aussi cette capacité d’évocation… et ils ne doivent pas nous heurter.

 

Avez-vous des créations préférées ?

Constance Guisset : Pour moi, les lampes Vertigo et Cape et le miroir Francis sont des objets importants, même si je les aime tous !

 

Quel type d’objet aimeriez-vous inventer ?

Constance Guisset : Un robot (rires). Car j’adore tout ce qui est mécanique ! En revanche, dans le domaine de l’architecture d’intérieur, j’aimerais vraiment réaliser un restaurant !

 

www.constanceguisset.com