Pen is so close to pleasure.

C’est via son compte Instagram que l’on a découvert CJ Hendry, jeune artiste totalement inconnue jusqu’alors. Un choc immédiat, tant ses exceptionnels dessins hyperréalistes en format XXL forcent l’admiration et le respect, et troublent toutes nos certitudes.

On a du mal à imaginer la patience incommensurable, la concentration et l’abnégation totale qu’il lui aura fallu pour réaliser ces images plus vraies que nature de sacs de marque, de foulards Hermès et évidemment cet incroyable zèbre Vuitton. Car c’est bien à l’univers du luxe que la jeune Australienne est accro, réalisant ses œuvres avec le même souci d’excellence que les grandes marques leurs parfaits objets de désir. Armée d’un crayon, d’un stylo et d’une gomme, CJ Hendry choisit sa proie, la photographie sous toutes les coutures, parfois plus d’une centaine de fois pour s’imprégner totalement de ses formes jusqu’à les connaître dans les moindres détails. Chaque pliure, chaque effet de lumière, chaque centimètre carré de matière est alors reproduit plus fidèlement que possible pour signer une œuvre démesurée – dans tous les sens du terme – totalement unique. Un travail titanesque de plusieurs centaines d’heures, obsessionnel et compulsif qui dépasse l’entendement et nos canons de représentation traditionnels. Rencontre.
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Parle-nous un peu de toi, d’où tu viens…
CJ Hendry : Je suis née à Durban mais j’ai quitté l’Afrique du Sud pour l’Australie à la fin des années 90 avec mes parents. Aujourd’hui, je vis à Brisbane. Honnêtement, je suis toujours assez gênée de parler de mon parcours et de mes études. Après le lycée, j’ai intégré une école d’architecture. J’y ai traîné pendant deux ans avant de décider que ce n’était pas fait pour moi. J’ai basculé vers l’économie et la finance, deux matières pour lesquelles je n’étais pas plus douée. J’avais des notes horribles. Je luttais vraiment pour être motivée. Je payais même des gens pour faire mes devoirs à ma place. Je n’aimais vraiment pas le chemin que j’avais pris. C’est à ce moment que j’ai compris que les choses n’allaient pas dans le bon sens et qu’il fallait qu’elles changent. Une partie de moi avait toujours aimé dessiner pendant mon temps libre, alors j’ai fait une sorte de pacte avec moi-même : je quitterai mon boulot et je lâcherai l’université pour dessiner à plein temps pour une année entière, mais si je n’avais rien vendu en 365 jours, alors je retournerais à ce que je faisais. Heureusement, j’ai vendu quelque chose. Tout compte fait, on peut dire que je suis autodidacte avec tout ce que cela comporte de pour et de contre.

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De quand date ta passion pour le dessin ?
CJ Hendry : Je ne peux pas le dire précisément. J’ai toujours dessiné pour me relaxer. Je faisais des petits croquis pour les anniversaires de mes amis et de ma famille, mais je n’avais aucune idée d’en faire mon métier.

Comment travailles-tu ?
CJ Hendry : De manière extrêmement méthodique. Au début, il y a une petite part de créativité quand je travaille avec un objet en particulier et que je le photographie. Après ce court pic créatif, j’ai un processus de travail très réglementé : je me lève tôt et je me couche tard 7 jours sur 7. C’est extrêmement chronophage, alors je fais de mon mieux pour passer d’une pièce à l’autre aussi rapidement que je le peux. En ce qui concerne les outils, des choses très basiques, un stylo, du papier, une règle et un crayon. J’utilise un extracteur et le crayon pour agencer les coordonnées à la phase initiale du croquis.

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Pourquoi l’hyperréalisme ?
CJ Hendry : Difficile à dire. Peut-être parce que dans mes premières années dans les cours d’art plastiques à l’école, en tant qu’adolescente, on nous encourage à essayer différents médiums. J’ai tout essayé, mais je me suis sentie la plus à l’aise avec l’hyperréalisme. Je pense sincèrement qu’il s’agit de sentir ce qui vous convient le mieux et de s’épanouir dans un domaine qui ne résonne pas avec votre esthétique.

D’où te vient ta passion du luxe ?
CJ Hendry : En tant que jeune femme, j’ai toujours été fascinée par le luxe. D’une manière ou d’une autre, j’ai dépensé le moindre dollar durement gagné dans des chaussures et des sacs que je ne pourrais jamais m’offrir. Il y a quelque chose dans le luxe qui vous aspire. Je ne pouvais pas me contrôler. Plus je travaillais, et plus je dépensais. C’était un cycle infernal. Il n’y a certainement pas de quoi se vanter, mais j’étais devenue esclave de leur charme apaisant…

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De combien de temps as-tu besoin réaliser une pièce ?
CJ Hendry : C’est variable selon la taille de la pièce. La plus grande m’a demandé 3 semaines, la plus petite 2 jours. Ce que je préfère, ce sont les croquis surdimensionnés, le résultat est plus saisissant.

Combien en as-tu réalisé jusqu’à présent ?
CJ Hendry :
Je ne suis pas sûre, je ne compte pas vraiment. Je dirais une cinquantaine, peut-être plus…

http://instagram.com/cj_hendry
Retrouvez l’article complet dans le magazine Artravel 58.