Créée en 2008, l’agence de design et d’architecture d’intérieurs milanaise Bernhardt & Vella n’a eu depuis de cesse de dessiner son regard sur la vie : une vision poétique, légère et esthétique. Zoom.

D’un côté Paola Vella, italienne née en 1972, dans la petite ville d’Assise en Ombrie. De son enfance, Paola parle d’un monde poétique où elle passe le plus clair de ses journées à jouer avec des morceaux de tissus, des meubles et des couleurs. Malgré ce goût prononcé pour la création, c’est pourtant le Droit que la jeune Paola choisit comme matière première universitaire. Le Droit qui a vite fait de se faire rattraper par les sens. Chasser le naturel et il revient au galop. Et à Paola de partir pour Rome et de rejoindre l’Institut Européen de Design de la capitale italienne. Dix années plus loin, Ellen Bernhardt, née en Allemagne, rêve, de son côté, d’Italie et de design. Si a priori rien ne prédestinait les deux femmes à se croiser, le destin aura vite fait de faire un joli pied de nez à l’hypothèse. Il aura ainsi fallu l’engagement des deux femmes pour qu’elles se retrouvent, par un hasard taquin, au sein de la même agence, celle de Carlo Colombo, dans la province de Côme. La suite ? Celle d’un « apprivoisement » intellectuel qui instinctivement pousse les deux femmes et leurs singularités dans le même sens. Si Paola continue de rêver, c’est Ellen qui plus pragmatiquement conçoit industriellement le projet. Cela s’appelle la complémentarité. Cette essence qui huile toute entreprise et lui permet d’envisager le négoce sous tous les angles qui le composent. Ainsi donc, Bernhardt & Vella apparaît en 2008 sur le grand marché du design, avec, en sous-titre, l’espoir de créer la jonction entre la vie et l’individualité. Posture intellectuelle, pari idéologique ? Cela aurait pu être le cas. Pourtant, au fur et à mesure des créations, les quelques circonspects, s’il en était, ont véritablement découvert un style Bernhardt & Vella : celui d’une délicatesse presque fortuite qui joue avec la transparence et la finesse du verre, comme pour cette bibliothèque aux étagères vitrées, ou l’applique Papillon (dessinées toutes deux pour Arflex) dont les formes rappellent la fragilité des ailes du lépidoptère. Pour Artemide, ce sera l’évocation d’une fleur d’orchidée à laquelle les deux designers auront cédé tandis que pour Arketipo, l’applique Iride prendra les formes de l’iris dans une interprétation presque fonctionnaliste de l’objet. L’on peut passer ainsi en revue le catalogue complet des créations de Bernhardt & Vella ; celui de leur banquette Cocorita (auto-éditée), ces deux fauteuils reliés ensemble dans un métal rouge passion, l’épaisse assise cruellement douillette du canapé Alameda pour Calligaris, ou l’exquis plissé des fauteuils de la série Blossom pour Potocco… Tout ramène toujours vers ce même constat d’un design épuré et séduisant qui pioche vivement dans le raffinement d’une vie rêvée sensible et idéale.

www.bernhardt-vella.com


       Retrouvez l’article dans notre Artravel n°78 — Design de Luxe


Disponible sur notre boutique – 10 € (frais de port compris)

 

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