De l’esprit et du style

Dernier opus de l’architecte d’intérieur Karine Lewkowicz, l’appartement Beauséjour dévoile des intérieurs très parisiens, enrichis par des matériaux nobles, des œuvres d’art remarquables, un éclairage subtil, du mobilier contemporain et vintage. Visite de cette habitation privée de caractère.

Le restaurant Lazare d’Éric Frechon, gare Saint-Lazare à Paris, le restaurant et boulangerie Le Vrai à Milan, la boutique Fou de Pâtisserie à Paris, c’est elle ! Karine Lewkowicz a signé quelques jolis lieux gourmands, mais pas seulement… L’architecte d’intérieur parisienne s’illustre également dans le domaine résidentiel, et a pensé de nombreux intérieurs privés sublimes. L’une de ses dernières réalisations, le projet Beauséjour à La Muette à Paris, conçu en collaboration avec l’architecte d’intérieur Aline Abramczyk, confirme le talent de cette créative dynamique ! Livré il y a moins d’un an, cet appartement de 230 m2, au deuxième étage d’un immeuble haussmannien, était, avant sa rénovation, plutôt vétuste, et encombré par une enfilade de petites pièces sombres… « Il était cependant intéressant de conserver certains éléments, comme le parquet et les moulures d’origine, se souvient Karine. Et d’exploiter au mieux les belles hauteurs sous plafond. » Afin de répondre à la demande des propriétaires, qui souhaitaient une grande suite parentale, deux autres chambres, avec chacune une salle de bains, et d’importants espaces de réception, les pièces ont été largement ouvertes, les volumes ont été répartis de manière cohérente et des perspectives sont nées. Cette perception de grandeur, elle se dessine dès l’entrée. De part et d’autre du couloir central, très ouvert, apparaissent les pièces de vie désormais très lumineuses : les salons d’un côté, la salle à manger et la cuisine de l’autre. Avec une pièce forte et théâtrale : une verrière rythmée par des courbes de bois noir dont le dessin et les arrondis évoquent les contours de la fenêtre du salon opposé ! « Pour la décoration, nous sommes parties d’une page blanche, raconte Karine. La propriétaire s’était séparée de tout son mobilier, et elle avait envie que l’on bâtisse ensemble son projet décoratif. Ainsi, nous avons chiné avec elle des meubles au fur et à mesure, fréquenté des salles de ventes… » Les volumes sont peuplés de luminaires et de meubles contemporains, mais aussi de mobilier des années 1950, 1960, 1970… Un joyeux mélange que l’architecte a su gérer pour apporter une vraie cohérence au projet. Ainsi, dans le grand salon, figurent notamment le canapé Seymour et la table basse Benson de Rodolfo Dordoni (Minotti), des luminaires Kreon au plafond, deux fauteuils Gubi, le lampadaire Shogun noir et blanc de Mario Botta et un guéridon de Mangiarotti. Le petit salon marie banquette (tissu Dedar) et une table basse Gubi, fauteuils des fifties de la galerie Alexandre Guillemain et suspension Vibia. Quant à la salle à manger, elle abrite, avec justesse, la table Nassau de PH Collection, des chaises Viccarbe (tissu Dedar), une suspension Stilnovo des années 1950, une applique dénichée chez Artcurial, une enfilade en chêne noirci provenant de la Galerie 13 Avril et une banquette sur mesure, recouverte de tissu Dedar. Jouxtant la salle à manger, la cuisine entièrement sur mesure, en bois laqué et chêne, joue la différence avec sa tonalité verte, son plan de travail en Corian et son marbre noir et blanc au veinage prononcé et peu commun ! L’achat d’œuvres d’art, spécialement pour cet appartement, a aussi été une étape majeure. Quelques belles pièces ornent désormais les murs, à l’image du tableau de JonOne dans l’entrée, de Robert Combas dans la salle à manger, de Jean Faucheur (Addict Galerie) dans le grand salon, et d’une photographie de Julia Fullerton-Batten dans la suite parentale. Particulièrement réussie, cette dernière pièce enferme la chambre, un dressing en noyer et une salle de bains magnifique, pourvue de carreaux de zellige et de pierre grise et bleue, dont le sol se distingue avec ses motifs graphiques associant deux teintes. De la suite se dégage par ailleurs une impression de grandeur, renforcée par la création d’une cloison mi-hauteur entre la chambre et la pièce d’eau, qui ne perturbe pas la majesté du volume. Ces intérieurs, assez simples en apparence, cachent en réalité une multitude de détails soignés, et la décoration sur mesure et raffinée confère une vraie personnalité à l’habitation.

www.lewkowicz.fr


   Retrouvez l’article dans notre Artravel n°79— Art & Design


Disponible sur notre boutique – 10 € (frais de port compris)

 

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