Visionnaire

Antonio Lupi Design ou l’essence même du luxe dans l’univers de la salle de bains… Avec ses produits prestigieux, cette entreprise familiale toscane cultive un savoir-faire reconnu qu’elle décline depuis peu dans le monde de la cuisine. Rencontre avec Andrea Lupi, responsable de la recherche, du développement et de la communication de la société.

Avec Nello, Sergio et Patrizia, vos frères et sœur, vous dirigez l’une des marques les plus illustres dans le domaine de la salle de bains. Quel est le secret de cette réussite ?

Andrea Lupi : Nous sommes constamment à la recherche de nouvelles idées. Nous ne suivons pas l’évolution des tendances, nous les anticipons. L’innovation est l’ADN de la marque antoniolupi. C’est la particularité de la société, et ce, depuis sa création dans les années 1950 par notre père Antonio Lupi. Une histoire de courage et de passion, d’intuition et de cohérence, d’individualité et de partage, le tout regroupé en un seul mot : une vision. L’histoire de la société est marquée par cet esprit visionnaire.

100 % de nos produits sont par ailleurs conçus en Italie et sur commande, nous n’avons pas de stock. Chaque élément est destiné à un projet particulier pour répondre aux exigences du client.

Comment maintient-on un tel niveau d’excellence ?

Andrea Lupi : « God is in the details », disait Ludwig Mies van der Rohe. antoniolupi accorde une grande attention aux détails, de la matière première aux produits finis. Le processus de production se compose d’une fabrication mécanique ou manuelle, nécessitant deux compétences : technologiques et humaines.

À quoi ressemblait l’entreprise de votre père à sa création ?

Andrea Lupi : Il avait fondé à 18 ans une usine de verre pour l’ameublement dans un petit entrepôt de la ville de Fucecchio, à seulement quelques kilomètres de Stabbia où nous sommes actuellement installés.

Quelles ont été les grandes étapes de son évolution ?

Andrea Lupi : Rapidement, il a développé des miroirs pour la salle de bains, puis dans les années 1960, des meubles de salle de bains sous le nom « Crystal Lupi Louxor ». La société a ouvert une nouvelle usine en 1969. Les collections ont été enrichies de miroirs, de lampes, de petits accessoires, etc. Au fil des années, l’entreprise a ouvert ses premiers points de vente, et a même établi un siège social à Cannes afin de superviser le marché français. Mais comme toutes les histoires de réussite, tout n’a pas été toujours facile… Nous avons également connu des périodes compliquées au début des années 1980…

Pourquoi avez-vous souhaité rejoindre l’entreprise familiale ?

Andrea Lupi : Nello et Patrizia étaient déjà impliqués dans l’entreprise. J’avais fait des études de comptabilité imposées par mon père… Ma scolarité n’était pas brillante et en 1981 mon père m’a convoqué dans son bureau et m’a dit : « Si tu ne veux pas étudier davantage, voici une mallette avec des échantillons, notre agent en Italie centrale vient de quitter son poste. Voyage, fais toi connaître, présente nos produits et essaie de les vendre. » Cela a été dur, mais j’ai appris et constaté beaucoup de choses. En 1983, nous avons présenté pour la première fois au Cersaie (ndlr, Salon international de la céramique et de la salle de bains à Bologne) une petite collection de systèmes de mobilier de salle de bains qui a beaucoup plu.

Une nouvelle aventure a commencé. La société a ensuite été renommée Antonio Lupi Collezione Bagno. L’heure était aux nouvelles idées et aux nouvelles stratégies. Nous avons sorti notre première collection en Corian® dès 2002 tout en développant la salle de bains entièrement sur mesure avec de nouveaux matériaux, sans oublier les matériaux traditionnels comme la pierre, le marbre, l’albâtre… et en innovant dans nos collections. Des ensembles élégants et raffinés…

Comment se passe la gestion familiale d’une telle entreprise ?

Andrea Lupi : Le partage des fonctions s’est fait naturellement. Mon père avait raison de dire que l’équilibre interne provient d’un mélange de créativité, d’expertise et de prédisposition naturelle. Nous sommes quatre personnalités différentes avec quatre façons d’interpréter la vie, mais tous associés avec le même enthousiasme, la même passion pour la beauté…

Patrizia (51 ans) a toujours été en charge de l’administration. Nello (55 ans), l’aîné, est le roi incontestable de la production. Il a une connaissance parfaite des matériaux et de la façon de les travailler. Il n’évite pas les problèmes, il les confronte. Sergio (37 ans), lui, est notamment en charge des relations avec les clients. Pour ma part, je gère la recherche, le développement et la communication. Je suis en quête perpétuelle de nouvelles idées… L’intuition fait le reste.

Quelles sont les inspirations de votre dernier opus « IlBagno » ?

Andrea Lupi : IlBagno est la collection du retour aux origines, du retour à un style chaleureux et doux. Plus romantique. Nous avons choisi le designer Roberto Lazzeroni pour cette collection inspirée du passé et réinterprétée dans un contexte contemporain.

Avec quels autres designers travaillez-vous ?

Andrea Lupi : Entre autres avec Carlo Colombo, Nevio Tellatin, Mario Ferrarini, Domenico de Palo, Oscar et Gabriele Buratti… Chacun a son propre style. Mais ensemble, ils créent une harmonie unique de produits et de projets, comme dans un grand orchestre.

Vous avez étendu votre gamme de produits avec des fresques décoratives, des cheminées, et des cuisines tout récemment… Comment est né ce dernier projet ?

Andrea Lupi : J’ai rencontré l’architecte Marco Casamonti sur notre stand lors du salon Cersaie en 2012. Il m’a demandé si j’étais intéressé par la production de quelque chose de différent des meubles de salle de bains. Honnêtement, j’avais déjà pensé à la cuisine. Il m’a montré un rendu d’une étagère en forme de C qui m’a frappé immédiatement. J’ai compris que cela prendrait beaucoup de temps pour développer le projet, mais ce détail m’a particulièrement convaincu. J’ai accepté le défi. Deux ans plus tard, LaCucina était née.

Quelle est votre réalisation la plus étonnante ?

Andrea Lupi : « Vasca Barca-Barcavasca », un projet singulier (une baignoire en forme de bateau), conçu par les artistes français Anne et Patrick Poirier (ndlr, voir photo ci-dessus). Cette initiative résulte de la volonté de combiner design industriel, technique, métaphore, histoire, créativité, mémoire, émotion… De la magie d’une rencontre aussi… Il s’agit d’une véritable sculpture : la pièce est creusée dans un seul monolithe de pierre.

À part l’Italie, où se trouve votre clientèle ?

Andrea Lupi : Le nord de l’Europe, la Belgique, l’Allemagne, la Hollande, la Suisse, la France et la Russie constituent actuellement nos meilleurs marchés, avec un succès croissant aux Etats-Unis, à Chicago et Miami dans nos magasins phares. Le contract est également une opportunité intéressante en raison de la vaste collection que la marque antoniolupi est en mesure d’offrir. Elle a aussi la capacité d’établir des collaborations avec les architectes d’intérieur dès les premières étapes d’un projet.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Andrea Lupi : Toujours élargir nos collections. Nous sommes dans un processus d’innovations importantes, avec différentes créations qui vont impressionner notre public.

www.antoniolupi.it

« Nous sommes constamment à la recherche de nouvelles idées. Nous ne suivons pas l’évolution des tendances, nous les anticipons. »

« L’histoire de la société est marquée par un esprit visionnaire. »